Our Lands
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 1. Ira

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Ken Wolfberg

en train de se marier

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MessageSujet: 1. Ira   Jeu 24 Déc - 21:34



   Des décharges lui brûlaient les membres. A peine conscient, il était alors incapable de réaliser à quel point il ressentait maintenant plus que jamais les sensations, qu’il croyait disparues à jamais. Mieux aurait valu, surement. Dans sa détresse, un vague sourire chargé d’ironie chercha à se dresser sur son visage. L’absence de chair aux endroits requis se fit terriblement sentir. Si on lui avait dit qu’il récupérerait le sens du toucher un jour… Si on lui avait expliqué que cela serait pour les requis d’une torture d’un genre qui lui était bien nouveau… Cela ne l’aurait certainement pas surpris, il se savait maudit.
Avoir été arraché à Izzy ne lui avait pas pesé au départ. Ce qu’on lui faisait subir prenait bien trop d’importance pour qu’il puisse cesser d’être égocentrique. Maintenant, elle lui manquait plus que jamais, il aurait tout donné pour que sa main se pose sur la sienne, pour apercevoir des larmes de compassion dans le coin de ses yeux. Il était si seul…
Lançant un regard noir aux machines le torturant, il n’était plus vraiment en état de se débattre encore. Un spasme, comme pour le condamner, le poussa à vouloir se recroqueviller. Le salopard qui l’avait attrapé avait tenté de régler le travail lui-même au départ, mais avait fini par laisser faire ses engins. Une sorte de punition, lui avait-on fait comprendre. Quand le nom de Belphégor avait été évoqué, Kenneth avait juste éclaté de rire. Ce type, encore et toujours ! Comme s’il s’agissait d’un crime de tuer un parfait étranger ! Belphégor n’avait jamais été son fils à ses yeux. Ce n’était qu’une victime de Teliia supplémentaire et lui n’avait eu qu’à obéir aux ordres. Pourtant, tout le monde s’évertuait à le lui reprocher… Comme s’ils en avaient quelque chose à faire de cet hybride ! Il fallait croire que désormais qu’il gisait six pieds sous terre –ou qu’importe la manière dont le cadavre de cet animal avait été disposé- il se révélait soudain être la personne la plus aimée qui soit !
Qu’importe… S’il n’aurait pu désobéir à cette époque sans une punition conséquente pour un résultat semblable, –Teliia ne laissant jamais un travail non terminé- il ne pouvait changer le passé. Lui, ne se le reprochait pas. Il ne l’avait jamais connu, il ne lui manquait pas.
L’idée de se faire torturer –encore !- l’avait bien amusé également au début. La réponse évidente à toute rancœur ! Capturer l’ennemi et lui arracher les yeux ! Haha… Ha…
Il avait bien confiance en lui, alors, mais après un temps qui lui semblait infini entre les mains de ce taré, Kenneth s’était rendu. L’esprit tordu de ce détraqué l’avait poussé à tenter de ressusciter chaque chair de son corps par ce qu’il avait vite compris comme étant des impulsions électriques ainsi que d’autres pratiques qu’il ne comprenait pas, lui-même ayant travaillé sans comprendre ni réussir sur un résultat similaire lorsqu’il était encore laborantin, se contentant de suivre les directives intelligentes de Lully.
Ce n’était pas car ce malade avait réussi là où il avait échoué durant plusieurs années qu’il allait s’en réjouir ni s’en étonner. Au contraire, là, c’était plutôt lui qui comptait. Sa propre personne, qui endurait mille morts au sens littéral à cause de douleurs fantômes liées à des tissus nécrosés. Au bout d’un certain temps de ce traitement, le zombie avait succombé à une folie nerveuse, se laissant glisser dans l’agressivité qui avait été autrefois l’unique composant de son caractère. Cela lui fit du bien durant un moment, oubliant ses blessures pour une quête excitante n’ayant qu’en unique but de faire couler le sang. Montrant les crocs, cherchant à attaquer dès que possible, ses doigts gigotant avec frénésies sous les bandages dans l’idée d’arracher une gorge pourtant bien trop loin… L’envie de viande et de chair n’avait pas tardé à se faire sentir et la raison s’était effondrée comme un château de cartes, laissant la place à de plus bas instincts.

   Le cinglé, remarquant des picotements aux abords de ses doigts, avait décidé de s’éloigner, sans réellement comprendre la raison de cela. Lorsqu’il avait retiré ses gants, il s’était rendu compte que la peau s’était mise à pourrir sous ces derniers ! Un mauvais pressentiment l’avait taraudé. Pressentiment qui n’avait tardé pas à se confirmer le jour où un énergumène débarqua dans sa maison, commençant à fracasser meubles et affaires !
Ren’bo chercha à régler le problème de lui-même, cependant, Jezebel était un Démon bien trop puissant. Se débarrassant du Lycan au point de le mettre K.O., il pénétra dans la cave aménagée, contemplant son contractant un instant. Aucune pitié ne voulait bien se dessiner sur son visage alors que Jezebel récupéra l’individu sur son épaule et le porta tranquillement jusqu’à la sortie. Son âme, accrochée à la ceinture du démon, lui assurait sa coopération la plus totale. Choisissant la discrétion au vu de l’importance sociale de son fardeau, il prit donc quelques temps à rejoindre Memory où un passage souterrain lui permit de continuer son chemin jusqu’aux portes de Gehenna.

   Gehenna se trouvait être le nom de l’Enfer Inférieur, le royaume des petits démons. Le clan de Jezebel, ayant habités la terre depuis bien longtemps, provenaient de l’ancienne famille ayant régné sur ces lieux. Destitués par les parents d’Elzeth, ils avaient étés exilés sur la terre, cherchant un moyen, sinon de récupérer leur royaume, au moins de faire de la terre un empire digne d’eux. Les Noah détruits, Jezebel ne rejoignait Gehenna que rarement, lorsque quelque chose d’intéressant s’y passait ce qui était plutôt rare.
Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, on a tôt fait d’y perdre son chemin. Cependant, avec un porteur de l’Ira sur l’épaule, les envieux ne tardèrent pas à pointer le bout de leur nez et leur provenance continuait d’indiquer le chemin au démon. De plus, la plupart n’étaient que de petites frappes comparées à celui qui approchait le millénaire, il s’en débarrassait sans se fatiguer et accélérait le pas dans le cas où un véritable ennemi viendrait. Gehenna était un monde dépourvu de couleur et l’œil non-initié avait rarement la faculté de s’y repérer. Il y faisait chaud, étouffant, et des bourrasques de cendres frappaient parfois le visage. Les bâtiments s’étaient en premier lieu agglutinés autour du palais se trouvant au centre de ce lieu. Ainsi, quémander à la famille régente nourriture et plaisirs devenait plus facile. Cependant, avec l’augmentation de la population et la croissance de la misère, les habitations s’étaient étendues, dirigées dans des sens chaotiques, comme les pattes d’une araignée. Elles parsemaient alors le chemin, allant des châteaux à la fragile masure brisée. Les démons y grouillaient, malins de seconde-zone miséreux et faibles. Au fur et à mesure, pourtant, que Jezebel s’approchait du palais, la puissance de ses adversaires augmentait ainsi que leur rang sociale. Les vêtements, loques déshabillées, devenaient tenues recherchées qui protégeaient plus amplement les Yōkai, leur permettant de résister à ses attaques. Son épée s’abîmait et ne tarderait pas à casser sous les assauts répétés. Nul doute qu’Elzeth même allait finir par entendre parler de son retour. Jezebel attendait avec impatience de pouvoir affronter celui qui se dressait en travers de son héritage. Il n’était pourtant pas intéresser par ce dernier mais avait toujours eu cet orgueil mal placé qui l’empêchait d’être heureux tout en sachant qu’un autre occupait sa place.
Il n’allait cependant pas se rendre au palais même. Peu loin, dans les demeures des courtisans, il retrouva le chemin de la demeure des descendants de Belial. Le lieu, rongé par le temps, semblait pareil à ces vieilles habitations humaines tombant en ruines de l’extérieur. Peu attrayant, sinon hideux, il gardait une certaine fierté dissimulée sous les fleurs de souffre, lierres infernaux aux fleurs brûlantes dévorant les pierres d’un appétit patient. A l’intérieur, rien n’avait changé sinon le mobilier, mille fois modifié. Les anciens tableaux avaient étés détruits, le sol s’était écroulé à quelques endroits, devenant un piège mortel aux âmes inattentives, la lave se trouvant en bas. Des Solfatares vivaient là et quelques âmes damnées s’y étaient égarées. On entendait parfois la maison se lamenter de longs pleurs grinçants, comme si cette dernière réclamait le retour de ses propriétaires légitimes. Si les traîtres avaient étés exécutés des centaines d’années auparavant et le manoir placé sous surveillance durant un bien long temps, il était désormais devenu le centre du regroupement d’un mouvement allant à l’encontre du Roi de Gehenna. Le peuple, malheureux sous le joug d’un tirant, aspirait à une égalité qui aurait pu vaguement ressembler à une démocratie. Aussi Jezebel se doutait qu’ils l’accueilleraient les bras ouverts, le Noah étant le direct opposant au Roi Démon.
C’était pourtant naïf de leur part, Jezebel, si le pouvoir lui était offert, l’aurait peu probablement utilisé pour le bien du peuple. Mais à l’heure actuelle, sa souffrance était bien trop grande pour que ce dernier rêve de pouvoir autrement que pour remplir le seul objectif le taraudant…

   Il était peu dur de dire combien le Démon fut effectivement reçu dans une vive liesse. On se précipita vers lui à son arrivée, et les visages souriants furent bien vite remplacés par des clameurs transportées lorsque les Démons présents ressentirent la violence à travers laquelle l’Ira s’exprimait chez le Zombie à peine conscient.
Kenneth, le corps brisé, gémissait. Celui-ci s’était, il est vrai, un peu remis le temps du voyage. Il récupérait très lentement des tortures subies, oui, mais l’esprit n’était plus là.
On récupéra le corps et l’emmena dans une salle qu’on s’empressa de vider. L’ancienne chambre devint prison. On réinsuffla l’âme dans le corps d’une incantation, on prit soin de contenir le Zombie avec chaînes et magie et plusieurs des êtres présents à cet instant se postèrent dans les coins stratégiques du lieu, s’abandonnant à la méditation pour faire appel aux Solfatares esclaves, les envoyant sur le malheureux cadavre vivant.

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Le sceau hérétique au delà du divin
Une prière à un dieu qui ne fait rien
Derniers sacrements pour des âmes brûlantes
Trois petits mots et une question lancinante

Love's the funeral of hearts
And an ode for cruelty
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Ken Wolfberg

en train de se marier

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MessageSujet: Re: 1. Ira   Mar 29 Déc - 5:46



   Au fur et à mesure, les tremblements de ses membres se calmèrent. A la lumière vague éclaira ses mirettes se substitua une violente hallucination. Projeté dans un passé archaïque, Iemi, son père, lui faisait face, un sourire malsain aux lèvres.

   « Bienvenue » jeta l’être tout en avançant vers lui d’une démarche mécanique, dérangeante. Kenneth eut un mouvement de recul avant de se rendre compte que son corps lui répondait parfaitement. Jetant un regard surpris sur ses doigts, il les retrouva rajeunis, faibles. Petit à petit, la pièce s’éclaira, devenant le corridor de son enfance, la maison Wolfberger, située à Prosper City. L’odeur de viande fraîche le saisi aux narines au même instant, complétant l’immersion. Il entendait son cœur battre dans ses oreilles. Tentant un sourire peu assuré, sourire qui se dessina sur son visage imparfait mais tellement plus vivace, Kenneth ne sut comment réagir et fondit en larmes.
Les souvenirs de cette enfance terrifiante le hantaient encore. Iemi Wolfberger, son maître, son père. Il ne le lui avait jamais affirmé, pas plus que Belphégor ne lui avait été expliqué comme étant son fils. Il le savait, maintenant, cela se sentait au plus profond de soi, un lien du sang, la sensation de pensées filant à l’unissant. Ces gênes communes s’exprimaient dans le regard et dans les moindres mimiques. « T’ai-je manqué ? » Sa voix n’avait pas changé et Kenneth tentait de se reprendre malgré le flot de souvenirs défilant en sa mémoire. Il avait occulté cette époque, n’en retenant que les mauvais souvenirs comme un avertissement mais, à l’instant présent, il se rappelait avoir, durant quelques temps, été heureux. Il se rappelait de cet air doux que l’ombre arborait également. Il se rappelait de la main de sa mère dans la sienne et d’une sortie en famille, rien que tous les trois. Iemi n’avait pas été un bon père, mais il avait essayé d’être un bon maître, donnant autant de privilèges qu’il l’eut pu à son fils…
…Jusqu’à ce que cela dérape. Un accès de colère de la part d’un petit garçon bien trop jeune pour avoir appris à se retenir. Une morsure, toute bête, qui avait blessé au bras la trop jeune Cryssée. Personne ne sut jamais si cela était la faute au sang d’hybride qui coula alors dans la bouche de celui qui était en partie Lycanthrope ou le réflexe terrifié de la fille-mère, ce dernier la faisant s’enfuir, mais l’enfant, haut comme trois pommes, fut alors dominé par son instinct. Il revint à la charge, affamé.
Sa favorite mutilée, Iemi trancha l’affaire en reniant définitivement Kenneth de son cœur. Il avait cru, vaguement, pouvoir épargner le bâtard mais l’affaire était classé, le crime commis. Le maître comprenait à présent avec toute la douleur possible la raison qui poussait les Wolfberger à tuer automatiquement les descendants de sang impur.
Il ne l’avait cependant pas tué, ni à sa naissance, ni maintenant, et s’était contenté d’enfermer son fils en un endroit où il parviendrait définitivement à l’oublier.
Penser que Kenneth ne l’avait pas maudit, n’avait jamais juré sa mort, était chose bien trop surréelle. Il avait éprouvé en premier lieu de la rancœur contre le monde entier uniquement, son maître n’étant pas plus méchant à ses yeux que le reste des serviteurs l’affamant de peur de l’approcher pour le nourrir. Avec le temps et à cause d’une unique et seule amie, il en était pourtant parvenu à le déclarer fautif d’une partie de sa misérable existence.
Et voilà qu’il se tenait devant lui. Kenneth aurait eu tant à lui dire. L’infanticide, c’est vrai, devait couler dans le sang familial. Il aurait pu lui parler de Belphégor, déclarant fièrement qu’il avait reproduit le schéma, qu’il avait même eu plus de courage que le géniteur. Mais qu’importe ?
Flamber ? Frimer ? Raconter à quel point il avait été heureux au Cinq Flèches ? Qu’il s’était adoubé en épousant une Berger dans une cérémonie hâtive ? Pourquoi faire ?
Qu’avait Iemi à faire de lui ? Qu’avait Kenneth à faire pour tenter de prouver à son père sa valeur ? Ses larmes avaient séchées, son père n’était pas peu loin de son visage. Il pouvait ressentir l’absence de son souffle.
Le dégout prit rapidement pas sur le regret fin qui s’était installé. Il le repoussa vivement et courut plus en avant.

   Plus loin, il distinguait un tas sur le sol. En avançant vers l'informe, une lumière vive accompagnée d'un son continu et strident se mit soudainement à éclairer cette parcelle du couloir. Il crut perdre tous ses moyens lorsqu'il distingua QUI se trouvait là, étendue morte à ses pieds. La folie se jeta un instant sur son visage mais le chagrin remplaça bientôt celle-ci. Hoshizora.

   Hoshii, la femme qu'il avait aimée avec tant de dévouement, ou du moins son cadavre tuméfié. Lorsqu'il senti la présence de son père dans son dos, il n'hésita pas. Fragilisé par les sévices du Lycanthrope, stressé par la présence de la belle morte, il ne se retourna que dans le but d'envoyer son poing dans le visage d’Iemi.

   « Enfoiré ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?! »
Mais ce fut Hoshizora qui reçue le coup. Le décor avait changé, c'est vrai. Il revoyait désormais cette pièce délaissée où tous deux se retrouvaient en cachette. Il comprit immédiatement que le coup qu'il venait d'infliger était celui qui avait déformé le corps de sa Hoshii quelques secondes plus tôt.
Heurtée par la force peu contrôlée du Zombie, Hoshii fut projetée contre le mur proche. Kenneth trembla alors que leurs regards se croisèrent. Lui, ému, en liesse de revoir la belle qu'il avait perdu de si longues années auparavant. Il se rappelait la raison qui l'en avait fait tomber amoureux. Son visage parfait, ses lèvres pulpeuses de la couleur des cerises. Un rire nerveux s'échappa du fond de sa gorge. Il tendit la main pour caresser ces longs cheveux blonds.
Elle avait cet air qu'il avait si longtemps arboré, celui empli de haine et de mépris. Celui qui crache son venin au monde entier et qui supplie à la personne qui l'aperçoit de mourir pour alléger un peu les tourments. Elle avait cet air qu'elle n'avait jamais eu. Cet air d'avoir été fâchée d'avoir été frappée.
Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Alors que le sang coulait de sa pommette déchirée et qu'elle le fixait avec la haine qu'elle aurait plutôt dû éprouver pour son maître, Kenneth se senti affreusement mal.
C'est vrai. Il avait battu Hoshizora. C'est vrai, il l'avait un jour frappé jusqu'à la laisser aux portes de la mort. Mais c'était normal à cette époque ! N'importe qui aurait fait pareil ! Il ne la blessait pas tous les jours, ne s'amusait pas à lui faire mal pour le plaisir ! Il l'aimait, lui !
Comment osait-elle le regarder ainsi alors que leur maître, chaque soir et chaque matin, glissait ses doigts sous sa robe de catin ?! Comment osait-elle le haïr, lui, qui l'aimait à ce point ?!

   « Arrête. » La conjura-t-il silencieusement. Pitié, cesse ce regard ou...
Sa froideur ne disparut pas. À la place, elle ne fit que le contourner, s'en aller. Le réflexe fut alors trop violent pour qu'il puisse le contenir. Horrifié à l'idée d'être à nouveau abandonné, il l'étrangla.
Sentir sa vie glisser entre ses doigts créa une sensation indescriptible. Succombant à son instinct lui hurlant d'achever sa victime, le bien éprouvé fut ressenti à travers tout son corps, la rage cherchant refuge dans sa sanité.
Aucun remord, pour l'instant sinon cet âpre sentiment de passion. Il l'aimait toujours et la tuait pour cela, incapable qu'il était de la perdre. Les grimaces affreuses de ceux que touchent la mort défilaient sur le doux visage d'Hoshizora et il se sentait mieux que jamais. Pour une fois, une seule, elle était à lui et seulement à lui. Voler son meurtre; l'arracher à sa triste fin pour s'approprier sa perte. On ne lui avait pas tuée Hoshizora, il l'avait récupérée. Elle sera à lui pour toujours.
Cela faisait des années qu'il n'avait plus ressenti le moindre besoin sexuel mais, en cet instant précis, il savait que son corps le remerciait de récupérer la précieuse fleur et cela au point de lui faire mal. Cela lui sembla durer des heures avant que, le visage tordu par la peur et l'agonie, la femme ne rende finalement l'âme.

   Tuer la femme qu’il avait aimé le requinqua. Il se sentait à nouveau lui-même, le monstre qu’il n’avait jamais cessé d’être. Au fond de lui, il fit taire la petite voix qui criait à l’horreur d’avoir blessé l’innocente. Il était profondément reconnaissant de cette chance lui permettant de recommencer. Se dressant de toute sa taille, rouvrant ses yeux humides, il saisit avoir à nouveau changé de pièce. C’était la cage de son enfance. Son visage se figea dans une grimace incertaine. Cherchant à reculer –et, pourquoi pas, à fuir- il se cogna dans une silhouette se trouvant dans son dos.
« Tu pensais vraiment pouvoir échapper à ta punition ? Ken… Je te déclare… Coupable ? » cette voix douce était celle d’Hoshizora. Il n’eut pas le temps de se retourner que déjà cette dernière avait disparue, la grille s’étant refermée derrière lui, l’emprisonnant. Il jura et envoya un coup de pied contre la porte, qui n’eut pas plus d’impact que cela. Plus il l’attendait, plus l’angoisse le prenait. Petit à petit apparaissaient les écrits d’autrefois, les formes et les dessins gravés dans les murs. Les traces de griffes d’un animal sauvage cherchant l’échappatoire… L’inspiraient. Elles le transformaient, lui, pauvre victime, en l’être irrationnel qu’il était alors. Le tueur. Celui qui avait cherché, une seule et unique mais pourtant fatale fois, à dévorer sa propre mère. Quelle punition était alors à la hauteur de cet enfant sans morale aucune sinon de le jeter face au destin le plus déchirant possible ? Était-ce de sa faute s’il avait torturé sa bien-aimée ? La maltraitance dont il avait lui-même été victime ne parlait-elle pas pour lui ? Un frisson le secoua.
Il faisait, en effet, glacé ici. Quel dommage, il regrettait alors la chaleur entraperçue alors que le démon l’emmenait aux enfers. Hoshii l’avait jeté ici ? Qu’importe. Il s’assit, fixant la sortie et unique entrée.
Il se sentait bien ici.
Un curieux moyen de reconnecter avec son soi d’autrefois. Il avait cherché à oublier à quel point il pouvait être cruel. Il s’en souvenait désormais, redevenait lui.

   Il n’avait plus peur du monstre.

   Comme il s’y attendait, « elle » arriva.
Elle n’avait pas mis si longtemps. Même s’il ne possédait aucun moyen de mesurer la durée, il n’avait pas tout à fait eu le temps de s’ennuyer. Elle était arrivée lorsqu’il s’était mis à penser qu’il était temps de l’apercevoir. Lorsqu’elle se pointa, il émit un rictus.
« Salut. Ça fait un bail, n’est-ce pas ? » La rouquine. Il n’était pas content de la voir, mais était ‘rassuré’, en quelque sorte. Tout se déroulait selon le cheminement de sa pensée, dans un ordre logique même s’il n’était pas chronologique. Il n’aurait pas imaginé quelqu’un d’autre ici. « Tu as décidé de rejoindre le camp des méchants, alors ? » Il opina. « Je savais que toi et moi étions du même bord. » ses fines lèvres gercées articulaient ces mots avec irritabilité. Narquoise, elle cherchait à l’exaspérer, espérait qu’il attaque. Mais il gardait son calme, sa haine aux relents de cigarette froide. Il se releva et se rapprocha des barreaux, un air de défi se traçant sur son visage. Sa main se posa sur la cage et il ne ressenti pas la moindre brulure. « Fait-moi sortir ». Ordonna-t-il. Et elle rit, lentement, sagement, ouvrant à l’aide d’une clé la porte. « Ne sont punis que ceux qui regrettent ». Murmura-t-elle avant de le guider d’un signe de tête vers la suite du passage.
Pour l’amusement, sans véritablement d’autres raisons que celle de se défouler un peu, il lui arracha la tête. Le cadavre ne tarda pas à disparaitre.
Il en riait à son tour, ne revenant pas à l’idée d’avoir enfin pu couper le caquet à cette insulte vivante. Cela faisait des siècles qu’il en rêvait ! Tant pis si cela n’avait rien de réel, au moins l’aura-t-il fait.
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Ken Wolfberg

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MessageSujet: Re: 1. Ira   Mar 12 Jan - 17:36



   Il était désormais seul à nouveau. Bientôt, cela lui pesa. A croire que quelqu’un prenait un malin plaisir à le voir s’ennuyer ! Nerveux, il lança dans l’air, à l’adresse d’un possible interlocuteur.

  « Alors, c’est tout ce que t’as dans le ventre ?! Tu abandonnes déjà ?! »

   C’était plus par paranoïa que par la conviction certaine qu’il était observé. En réalité, il ne reconnaissait pas la logique de ces lieux et la sensation d’engourdissement que subissait son corps lui faisait étrangement penser à celle d’un rêve lucide. Il savait qu’il n’était pas dans la réalité aussi quelqu’un devait l’avoir plongé dans cet univers. Il était trop méfiant pour imaginer être tombé de lui-même dans un tel piège. Une hallucination dû à la torture ? Un coma ? Non, son complexe –justifié- de persécution lui soufflait autre chose.
Mais que la personne soit là, à le regarder ? A se moquer de lui ? Pourquoi pas ! Après tout, il est rare que les bourreaux ne prennent pas le temps d’apprécier le supplice. Mais une fois encore, il les avait défiés ! Il les avait vaincus ! Il avait surmonté chaque obstacle avec une facilité évidente aussi prenait-il plaisir à jubiler de sa victoire.

   Un tel comportement fut pourtant adéquat, sachant qu’il ne tarda pas à avoir sa réponse. Un rire malicieux, qu’il ne reconnut pas de suite. Pourtant, lorsque le son fit son chemin jusqu’à sa mémoire, il se demanda comment il avait pu l’oublier. C’était sa propre voix… ! Son doppelgänger, Dimitri Linderberg !

   « Comment veux-tu qu’il y ait autre chose à faire ? Tu les as tous tués ! »

   Cachant une grimace d’agacement, Kenneth se força à rire à son tour pour énerver le Nécromancien. Il n’arrivait pas à l’apercevoir et cela le dérangeait énormément. Il se sentait vulnérable et haïssait ça !
Surtout, ne pas rester silencieux. Il fallait placer une réplique. Attentif, les sens aux aguets et l’adrénaline bénie défilant dans ses veines, il ne tarda pas à se jeter sur la première idée lui venant. Une envie malsaine, un moment de folie.

  « Il manque Izzy. » Lança-t-il sans la moindre émotion. Tuer Izzy ? Pourquoi pas, tout ça n’était qu’une hallucination ! Ce n’est pas comme s’il allait la saigner pour de vrai. De plus, ici, c’était à celui qui avait le moins de cœur, du moins le pensa-t-il. Autant lui prouver qu’il n’avait aucune attache.
Dans le pire des cas, se justifia une petite partie de sa pensée, cela prouvera à son ennemi qu’Izzy n’était pas un point faible et donc qu’il était inutile de la prendre à partie dans le cas où les choses deviendraient plus virulentes.
Oui, se rassura-t-il, en la tuant, il la sauvera surement.

   Dimitri ne tarda pas à accorder la requête. A quelques pas de lui, au fond d’un couloir assombri, Kenneth distingua la silhouette de son interlocuteur. A ses pieds, une misérable forme agenouillée. Membres et pieds liés, le regard gorgé de larmes, elle était bien apparue. Le bruit de ses sanglots lui rappela les gargouillements désassemblés qu’avait émis Hoshizora peu avant. Dans ce contexte, il aurait été difficile de revenir en arrière cependant, lors d’un instant d’hésitation, il en vint tout de même à demander une arme pour finir le boulot proprement, arme que le sosie lui déposa dans la main. C’était une lame ressemblant aux canifs qu’il avait manipulés depuis son adolescence. Son maniement lui revint parfaitement, il ne tarda pas à maîtriser l’arme avec précision.
Une dernière fois, il passa deux de ses doigts sur le visage de la Vampire, profitant de chaque seconde de cette sensation. La moiteur de sa peau, gorgée d’une transpiration sanglante, lui semblait presque réelle. Elle lui manquait.
Faisant tourner le canif sur lui-même, il le planta dans l’orbite de la vampire. Descendant le geste d’un coup sec, de l’œil à la gorge, il apprécia son ancienne force regagnée d’un l’instant où il fut capable de scinder le visage en deux. Le cri lui demeura dans l’oreille un moment, résonnant encore alors que la tête, morte, finissait de vider le corps de son sang.
Souillé des pieds à la tête, les cheveux couverts de gélatine caillée, il redressa vers Dimitri Linderberg un visage présomptueux.

   Il espérait voir sur ses traits la peur et le doute. Malheureusement, Dimitri semblait aussi amusé par les actions de l’ancien esclave qu’il ne l’était lui-même. Kenneth jura intérieurement juste avant de se rendre compte que le décor avait progressivement changé.
Il était dans la cave de la demeure Subarashi. Au sol, là où il était autrefois tombé raide, gisait désormais Izzy Berger. Autour d’eux gisait sept cercueils. Sur les sept, trois étaient ouverts. L’un, vide, portait les armoiries de la famille Berger. Le second, ouvert, contenait le cadavre d’Hoshizora, la marque de ses doigts clairement visible sur son cou. Le dernier, bien entendu, contenait un filet de cendres. Kenneth ne tarda pas à réaliser qu’il s’agissait de celui de Zune. Le sceau des De Laudreuil était de toute façon engravé dessus.
Dimitri était assis sur l’un de ceux restants. Les pieds dans le vide, il attendait que Kenneth pose la bonne question.

   Kenneth explorait. Il n’avait pas envie de demander des explications de plus, qui l’assurerait que Dimitri ne lui mentirait pas ? Les quatre cercueils restant ne comportaient pas tous des sceaux. A vrai dire, il n’y en avait qu’un qui comportait le blason des Wolfberg. Les autres étaient dénués du moindre indice. Car Dimitri souriait, Kenneth sourit aussi.

   « Je dois encore tuer quatre personnes, c’est bien cela ? » Éprouvait-il du remord, de l’appréhension ? Non ! S’il avait été capable de mettre fin aux nuits d’Izzy, rien ne l’empêcherait d’aller plus en avant dans cette épreuve. Après tout, qui pourrait compter plus à ses yeux que sa propre femme ? Hoshii ? C’est vrai, oui. Il se radoucit un instant en pensant à l’amour de sa vie. Pourtant, Hoshii était morte aussi. Il n’avait jamais aimer personne plus amplement qu’il ne l’avait aimé. Son fils ? Il l’avait tué ! Et certainement pas lors d’une hallucination louche ! Il l’avait assassiné pour de vrai, versant le poison dans sa flûte de champagne. D’aussi loin qu’il se souvenait, il ne pouvait trouver une épreuve qu’il ne saurait réussir. Sa vie, terrible, l’avait rôdé à toutes les épreuves. Il était indomptable. A trop vouloir le briser, on avait fait de lui un monstre, le pire des monstres et il en était désormais fier ! Plus d’âme, bien sûr, mais les sentiments avaient disparus depuis des décennies.
Le Nécromancien opina.

   Mais rien ne se passa. Kenneth fit le tour de la pièce, outré et profondément déçu.
« Eh bien, amène-les-moi ! » Pesta le Zombie.
Le Nécromancien secoua négativement la tête.

   Kenneth grogna. Comment pouvait-il gagner avec un tel fardeau collé aux basques ! Il était inutile s’il ne pouvait lui amener les victimes ! Non, il le savait ! Ce n’était qu’un mensonge ! Si cela se trouvait, les cercueils fermés étaient pleins !
S’approchant, il tenta d’en ouvrir un mais le couvercle était bien lourd. Forçant tant qu’il le pouvait, au milieu des grincements et de la poussière filant en masse contre sa peau, il en vint à bout alors qu’il sombrait lentement vers une stupeur comateuse. A son plus grand désarroi, sa vision s’assombrissait et ses sens défaillaient. Il se battit un temps, puis se laissa aller avec délices et fatigue.

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Le sceau hérétique au delà du divin
Une prière à un dieu qui ne fait rien
Derniers sacrements pour des âmes brûlantes
Trois petits mots et une question lancinante

Love's the funeral of hearts
And an ode for cruelty
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Ken Wolfberg

en train de se marier

Feuille de Personnage
Race: Zombie ExLycan
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MessageSujet: Re: 1. Ira   Mer 13 Jan - 21:40



   Lorsqu’il rouvrit les yeux, se relevant précipitamment, il n’était plus dans ces successions effrayantes de pièces. Non, il était désormais de retour à l’extérieur ou du moins semblait-il. Etait-il rentré chez lui ? Peut-être fallait-il qu’il en ait un. Le laboratoire ? Bonne question. Peut-être. Mais la présence là-bas de ses anciens amis là-bas, Turold et Lully, était pesante. Non seulement se sentait-il responsable pour l’état actuel du Darkest mais en plus ne supportait-il plus la Succube, qu’il voyait comme une répugnante menteuse. Il n’arrivait tout simplement pas à lui pardonner son affiliation avec les Nécromanciens. S’il l’avait sû dès le début… Très certainement ne lui aurait-il jamais parlé.
Hormis le laboratoire où se trouvait son lit et ses affaires, il n’avait nulle part où rentrer. Tout ce qu’il avait, c’était Izzy et ne pas savoir combien de temps s’était écoulé depuis qu’ils s’étaient vus pour la dernière fois lui faisait craindre qu’il n’ait plus rien à son retour. Mais toutes ces années, ce qui avait compté pour seul et unique but, était sa vie. Sa propre vie à lui (ou ce qu’il en restait) ainsi que sa fierté. Même s’il la perdait, il se consola en se disant qu’il lui resterait toujours cela. La force de lutter, sans elle, se faisait pourtant faiblarde.
Malgré la pénombre de la nuit, il distingua des champs de blés, semblables à ceux qui encadraient autrefois la capitale Prosper City. Levant le visage au ciel, il contempla les étoiles. Être à l’air libre lui faisait du bien. Soulagé, apaisé, il décida de s’installer sur le sol pour profiter de la nuit. Quelle était l’urgence ?
Une personne s’approchait. Il sursauta et tenta de distinguer la forme qui se traçait dans le clair-obscur. C’était une jeune femme qu’il ne reconnaissait pas. Son odorat, il s’en rendit compte, ne marchait pas non plus. Elle ne devait pas avoir plus de seize ans. Une enfant. S’installant près de lui, elle lui sourit gentiment, ses yeux gorgés d’un sentiment qu’il reconnut très bien.

   « Je suis heureuse que tu sois là avec moi, Hensen. » Elle se laissa glisser sur le côté, posant sa tête sur l’épaule de Kenneth. « Mais nous ne pouvons pas continuer à nous voir ainsi… » C’est certainement à cet instant-là qu’il comprit que quelque chose clochait. S’il n’avait pas encore tout à fait perdu l’habitude de sa forme Lycane, il était tout de même capable de remarquer qu’une queue touffue n’avait rien à faire sur sa forme humaine. Glissant sa main dans les poils, il frissonna. Merde. Mais… Craignant le pire, il porta ses mains dans ses cheveux. A la place de la bourrasque habituelle, il y vit des mèches lisses et coiffées et, au sommet de ces dernières…
Des oreilles hybrides ?
Alors que la demoiselle n’avait rien remarqué de ce comportement subitement étrange, elle avait placé sa main de manière déplacée sur la cuisse du pauvre Kenneth, continuant de roucouler amoureusement.
…Hensen ?? Elle l’avait appelé Hensen ?!

   « Je pensais à fuir, Hensen. Nous deux, à part. Loin de tes anciens maîtres et de mes parents… » Elle eut un soupir alors que Kenneth commençait sincèrement à paniquer. Mais c’est qui ce type déjà ?! Et pourquoi le confond-t-elle avec lui ? Argh… Avec un effort de réflexion qui n’était pas dans ses habitudes, une idée terrible surgit : et s’il n’était pas dans SON corps ? Et s’il était bel et bien dans le corps de ce débile d’Hensen ? Et si cette gosse ne le confondait tout simplement pas, qu’elle ne faisait que parler à son petit ami, totalement inconsciente du fait qu’il n’était pas lui-même ?
Et si c’était Hensen, à l’heure actuelle, qui se baladait avec sa touffe blonde ?

   Il tenta d’analyser la situation mais cela était trop tordu pour lui. Il remarqua les oreilles pointues de la donzelle et, réalisant qu’il n’était très certainement qu’un hybride, en conclu qu’il valait mieux ne pas déclarer la guerre en jouant le jeu. S’il se faisait repérer, elle aurait sur lui un avantage certain, même en excluant le fait que la rage de se découvrir dupée la fâchera profondément.
Que faire ? Comment retrouver son corps ? Non, c’était décidément trop illogique pour être un retour définitif à la réalité. La personne qu’il devait tuer était là, pas loin, voir c’était cette gosse à ses côtés ! Mais il ne comprenait pas ce qu’elle avait à voir avec lui.
« O…Oui, ça semble être une bonne idée. » Bégaya l’hybride tout en cherchant fébrilement une arme quelque part mais il n’y avait rien ici, ils étaient au milieu d’un champ, pas loin de la plus grosse capitale du monde, et si retourner à la ville pour chercher une arme serait tentant, il ne valait mieux pas y entrer avec une apparence hybride. Il n’allait pas l’étrangler avec une brindille non plus ! Et si ses mains étaient parfaitement fonctionnelles, il doutait actuellement de leur force. « Naomi. » Kenneth redressa la tête, surpris. Ce prénom lui était familier. Elle ne remarqua pas son air blême et, fixant la terre fraîchement retournée, jouant même avec cette dernière en traçant des lettres de l’index, elle continua. « C’est ainsi que nous appellerons notre fille. En l’honneur de ta pauvre petite sœur. »
Sa fille ? Naomi ? S’il avait vraiment du mal à faire le lien, il ne pouvait plus ignorer la situation plus longtemps. Ces oreilles pointues, ces longs cheveux, bien que défaits négligemment, ce visage totalement irressemblant… Teliia ?
Si la rage et la haine qu’il éprouvait à son égard ne tardèrent pas à faire surface, il avait tout de même énormément de mal à saisir la situation. Pourquoi ? Pourquoi Teliia était-elle si différente ? Pourquoi la trouvait-il fragile et, voir même, belle ? Elle n’avait strictement rien à voir avec la Teliia qu’il connaissait. Pourquoi la voyait-il ainsi ? C’était dégoutant ! Il espérait de tout cœur que cela soit une hallucination pleine et incohérente. De toute façon, il était strictement impossible qu’elle ait un jour parlé de cette manière à un putain d’esclave. Elle était tellement perchée sur ses principes de castes…
Il n’arrivait pourtant pas à se rassurer. Il était troublé, il en était même malade ! Ici, rêveuse et amoureuse, elle ressemblait plus que jamais à une victime. Kenneth trouva cela horrifiant. Voir son pire ennemi sous son jour le plus aimable… Cela était profondément déstabilisant.
Comment la tuer maintenant ? Ce n’était pas Teliia ! Ça ne pouvait pas être elle ! Il était malgré tout entièrement convaincu qu’elle était celle dont il devait se débarrasser pour gagner cette partie. Car ça n’était rien de plus qu’un jeu. C’était à celui qui craquerait, qui laisserait ses émotions le submerger ! Et ça, il ne pouvait se permettre de perdre. Il les montrerait qu’il était la créature insensible qu’il avait toujours été. Le monstre.

[...]

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MessageSujet: Re: 1. Ira   Aujourd'hui à 9:54

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1. Ira

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