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 08 Mars 2013 - La Descente aux Enfers - Réecriture

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Amiel Rus
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MessageSujet: 08 Mars 2013 - La Descente aux Enfers - Réecriture   Mar 22 Déc - 21:27

15H00, au Lycée, le 08/03/2013

Le silence s’était installé au sein des deux adolescents. Ils étaient tous deux assis sur un banc, dos à dos, se servant mutuellement de dossier. Dans la roseraie, pas un chat ne faisait du bruit. On entendait de temps à autre le bruit que faisait Be’ lorsqu’elle se rongeait l’ongle du pouce. C’était le signe qu’elle était anxieuse.
- Tu étais long, j’étais inquiète. Dit-elle. Tant de jours sans revoir le jeune déchu ? Pourquoï lui avait-il manqué ? Qu’avait-elle à faire d’un tel être ? Elle semblait avoir pour lui l’affection d’une mère. Rien de plus. Toyz ne répondit pas. …Durant ton absence j’ai trouvée quelques Yōkai pour me vendre leur âmes… -Elle émit un soupir presque triste- Ces idiots… Je vais retourner en enfer, et cela me servira de monnaie d’échange… Je l’espère. Quant à ton secret, il est temps de me le révéler.
- …Tu devais m’apprendre à invoquer le Diable. Dit le déchu d’un ton froid. La démone frissonna.
- Tu n’as pas remplit ta part du marché, j’arrête de remplir la mienne.
- Tss ! Cracha l’Ange. On pouvait sentir toute la nervosité qui émanait de lui. Be eut un sourire gêné.
- Tu sais… Si je suis ici… Non, c’est trop idiot à expliquer. Mais j’ai besoin de partir, « il » est en danger, tu sais. Sa voix s’était faite bien plus froide vers la fin, aussi le jeune déchu calma-t-il sa rancœur une seconde, le temps de bien intégrer ce qu’elle venait de dire. Puis, il senti une fureur chaude envahir son sang.
- QUI « IL » ?! T’as un copain, c’est ça ?! Tu vas me dire que t’es casée, maintenant ?! La Démone baissa la tête, effrayée, elle en ferma presque les yeux, se repliant sur elle-même. Toyz n’avait pas bougé de sa position, mais en glissant vers l’avant, elle avait rompu le contact de leur dos.
- J’ai un copain, oui. Réussit-elle à dire, sur un ton qui se voulait équivalent à celui de l’ange.
- C’est la meilleure ! Et ce qui s’est passé quand on était chez toï, alors ?! …T’es… T’es juste pire que moi, en fait. Il se voulait énervé mais chaque seconde passée ici ne faisait que l’écœurer davantage.
- Je te l’ai déjà dit. Et n’hurle pas ça dans la roseraie, tu avais promis de garder le secret ! Elle semblait bien vexée, la Bezemuth. Aussi sa voix reprenait-elle des intonations d’adolescente qu’elle n’avait pas eu depuis.
- …Il est… Mieux que moi, c’est ça ?
Interloquée, Be’ se retourna un instant, faisait un quart de tour pour s’assoir réellement à côté de Toyz. Celui-ci étant resté dans la même position, elle le fixa longuement. Puis elle finit par regarder le ciel.
- C’est une longue histoire… On se connait depuis tout petits, lui et moi.
- Si tu crois que j’ai envie de t’écouter…
Mais trop tard, Be’ s’était déjà lancée dans son récit, et il semblait bien que Toyz, bien que donnant l’impression de ne pas écouter, n’osait l’interrompre.
- J’ai grandie dans un immense manoir. Mais je ne te cache rien, tu l’as visité, lors de cette semaine d’entrainement aux Enfers… Mes deux parents… Etaient des sympathisants Anges. Ça veut tout simplement dire qu’ils étaient des… Des traitres. Un jour, ils ont attaqués une prison, un camp de prisonnier de guerre si tu veux, et ils l’ont ramenés lui.
Toyz toussa légèrement, puis tourna son regard vers le Lycée. Il se mit à en observer l’architecture –Qu’il trouva soudain sublime car elle le distrayait d’un tel supplice, ainsi que les arbres et la verdure présente… Ça ne s’appelait pas « La Roseraie pour rien. »
Be’, après une courte pause, rêveuse, continua ;

- C’était un Ange Déchu, tout comme toï. Avec cette marque sur l’œil droit, tout comme toï aussi. Je dois dire qu’en Géhenne, les Anges, on le traite pas très bien. Lui était plutôt dans un sale état. Mes parents sont morts peu après, alors il est devenu ma seule famille.
La Démone avait ramené ses pieds contre son ventre et s’était penchée en avant. De la paume de sa main, elle jouait avec l’herbe du sol.
- Plutôt que de risquer sa vie à tout moment, on avait décidés de le faire passer pour un membre de ma famille. On a cachés ses ailes, et on a mis un bandeau sur son œil, de telle manière que personne n’irait penser que ce n’était pas un Démon. Dis-moi, tu sais que lorsqu’un Ange en tue un autre, ses ailes deviennent noires ?
Le jouet, immobile, finit par secouer négativement la tête. Be’ ne prit même pas la peine de vérifier dans quel sens avait-il fait ce geste, elle avait sentie l’air bouger, signe qu’on l’écoutait, alors elle décida de continuer.
- Il avait les plus belles ailes de jais que j’ai eu l’occasion de voir –Elle soupira-, quel dommage qu’elles… Non, je m’égare, tu n’as pas à savoir tout cela. Mais tu sais –Elle avait luttée un moment mais l’envie de décrire celui qu’elle aimait fût la plus fort-, des ailes immenses, qui lui tombaient jusqu’aux pieds… Enfin, une aile. L’autre est dépourvue de chair et de plumes. Pardon, je t’ennuie ?
L’Ange, au bord de la dépression nerveuse, répondit un oui quelque peu énervé. Heureusement pour elle, Bezemuth fût distraite à ce moment-ci par un couple, venu s’embrasser pas très loin d’eux. Lorsqu’ils remarquèrent qu’ils n’étaient pas seuls, ils décampèrent un peu plus loin. Be’ reprit son récit. Toyz ne savait pas pourquoï il ne pouvait décamper lui aussi. La seule chose qui le retenait ici étaient les dires de Be’… Elle avait dit qu’elle allait partir.
- Dans toute ma vie, je n’ai eu qu’une amie. Presque une sœur, pour moi. Melody. Une Ange, aussi. Une Esclave là-bas. Elle a été rachetée par la famille impériale de Géhenne, est tombée amoureuse du jeune prince, Alcyone. Un sale gosse arrogant et sournois. Taito –C’était son nom. A, d’aussi loin que je m’en souvienne, toujours été amoureux de Melody. Elle ne l’aimait pas. De mon côté, j’avais entrainé Taito sur le chemin de mes parents. Je haïssais l’Enfer de m’en avoir privé, et pensait que si le Paradis avait la victoire sur l’Enfer, tout s’arrangerait.
Le Jouet ne put s’empêcher de relever qu’il pensait exactement l’inverse. Que le Paradis ne valait rien et que mieux valait se ranger au côté des Démons –Au moins eux, ils donnent toujours quelque chose en échange, lorsqu’ils prennent. Il se senti donc piqué par le long monologue de cette fille qu’il haïssait tout en l’aimant étrangement. Il fit donc semblant d’écouter.
- …Mais tout a tourné au vinaigre. Il y a eu un combat. Entre Alcyone et Taito. Je n’étais pas là, Melody, si. Elle a fait en sorte qu’Alcyone ait le dessus, Taito a été capturé.
Sa voix s’était emporté sur le fil du récit, donnant presque un semblant d’intrigue à l’histoire. Be’ fixait désormais ses yeux au ciel, sa main gauche s’était posée sur son cœur qui battait désormais la chamade. Puis sa tête retomba en avant, elle fixa à nouveau le sol. Elle, c’était sûr, elle avait de sacrés talents de comédienne, pensa le Jouet.
- J’ai été capturée peu après. Je n’avais presque jamais tuée, Taito y était coutumier. Dès qu’ils ont vus que ce n’était pas un Démon, ils ont rapidement décidés de s’en débarrasser. Moi, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient en faire. On s’est retrouvés tout deux enfermés dans les oubliettes du château, séparément, bien entendu.
Nouvelle pause de la Démone, elle semblait presque dépressive. Le Jouet y jeta un coup d’œil, avant de détourner à nouveau la tête, l’air vexé. Il avait tant de mal à se faire à l’idée qu’il venait de se prendre un râteau –Souffrait tellement, qu’il l’aurait tué sur le champ, si la douleur de la perdre n’aurait pas été la plus forte. Il conclut que mieux valait attendre qu’elle parte, car c’était ce qu’elle planifiait de faire. Et se dit qu’elle ne racontait forcément pas un tel récit sans avoir idées derrière la tête. Peut-être à la fin de cette tirade allait-elle lui donner ces précieuses indications pour invoquer des hordes de Démons infernaux !
- …Il s’y est passé des choses que je préfère garder sous silence. Mais je sais que tu les as vécues aussi, n’est-ce pas ? Je suis sûre que tu me comprends, que tu sais… -Be s’était retournée vers Toyz et lui avait attrapé le bras. La fin de sa phrase était faussement sensuelle. Elle se rendit bien vite compte de son erreur et se retourna. Elle toussota un peu et reprit ;- Brm… Bref. –Soupire-, donc au final… Tu sais, s’il y a une chose à retenir des pouvoirs… C’est qu’ils ne marchent pas sous l’effet de la peur. Les invocations encore moins. Il faut être résolu, sinon, c’est un coup dans le vent. –Elle frissonna.- Une fois calmée, mes invocations marchaient à nouveau. Quitte à viser haut, j’ai vendu mon âme au Roi. J’aurais pu le contacter, je l’aurais vendue à mon ancêtre, j’aurais au moins été convaincue qu’elle était en sureté. Mais je croyais pouvoir me venger d’Alcyone en étant affiliée à son père. Mon contrat ? Je le lu mal, et je me fis avoir comme une simple humaine ! Taito était sauf, j’étais libre… Mais…
Nouvelle pause. Bezemuth avait besoin de réfléchir et de réorganiser ses idées. Toyz n’avait fait que prendre mentalement note pour la partie concernant les invocations. Même si ce chien de Kizuki n’avait jamais été très bavard –Plutôt du genre à ignorer son monde-, il savait être patient et se taire quand il le fallait. Il agissait alors comme un ordinateur, se mettant en veille le temps que la tempête passe. Et cette tempête, c’était l’écœurement que la jeune Démone provoquait désormais en lui.
- L'Ira. Un des sept péchés capitaux. Il parait que lorsqu’elle possède quelqu’un, cette personne est considérée comme son réceptacle. Ça arrive peu, et à ce moment-là, le but de tout dirigeant est de mettre la main sur ce fragment du péché originel. Posséder son pouvoir. – Elle releva la tête, fixant le Jouet, le regard franc et presque innocent- Taito était le réceptacle de cette Colère. Il fût gardé et on lui fit des choses horribles pour qu’il se comporte comme une machine à tuer. Sur les réguliers combats opposants Anges et Démons, il brilla vite, c’est vrai. Quant à moi, je m’étais démenée pour le rejoindre, sur le champ de bataille. J’avais tout manigancée, comme une maniaque, je m’étais usée les nerfs et ce qui me restait de raison pour pousser Alcyone à trainer son père au plus vif du combat, m’emmenant ainsi par la même occasion. Enfin, j’approchais de la tente où était détenu Taito, j’allais enfin le revoir lorsque…
Puis, plus rien. Be’ s’était tu. Toyz tourna un instant la tête vers elle et glissa un sceptique ;
- Lorsque ?
- Le Roi mourut. Je récupérais mon âme à ce moment-même cela fit un tel remue-ménage que les gardes accoururent à la tente, pour y voir leur collègues que j’avais drogués. Je fus jetée hors du camp militaire, excommuniée des Enfers. C’est depuis ce temps-là que j’erre sur la terre, en espérant récolter assez de monnaie d’échange pour libérer celui que j’aime.
Silence. Puis finalement, Toyz lança d’un ton qui se voulait détacher, mais qui était marqué par une profonde amertume ;
- Alors comme ça, vendre son âme, c’est un bon plan ?
Be’ fut un peu surprise de la question, mais se dit bien vite qu’il était normal que le Déchu envisage une telle idée.
- Tu ne ressens plus rien. Tu n’as plus mal quand tu te coupes, ni quand on te trahit. La souffrance que tu ressens n’existe plus. Sinon, bah. Tu te sens vide et les portes-automatiques ne s’ouvrent plus quand t’approches. T’as toujours l’impression d’être triste mais tu peux pas pleurer, tu deviens méchant et frustré sans t’en rendre compte. Mais sinon, c’est effectivement un bon plan quand tu sais quoï demander et que tu relis quarante fois le contrat.
Nouveau silence.
- Maintenant, à ton tour. Glissa Be’. Je veux connaître ton secret, ensuite, je t’expliquerais comment réussir tes invocations.
Ce fût a Toyz d’être surpris. Il savait bien que ce jour arriverait, mais ne voulait aucunement qu’il arrive aujourd’hui. Sa langue se faisait lourde et sa mâchoire avait du mal à s’ouvrir pour révéler la triste vérité.
- Jibril…
- L’Archange de la flotte ?
- Exactement, une des Archanges majeures…
Il ne put plus continuer.
- Bah alors, accouche. Fit Be’, quelque peu frustrée par tant de langueurs.
- Non, c’est elle.
- Hein ?
- T’es sourde ? Elle a eu un fils !
- Bah, tant mieux pour elle, quoï. Me dit pas que c’est ça, ton lourd secret ?
- Avec un Humain. Les Anges, en temps normal, sont pas censés se reproduire, alors avec un Humain… C’est le déshonneur.
- … Z’avez des lois vraiment cul-bénis, vous, les Anges. J’en avais entendu parler, m’bon. Dire que nous, on a ordre de proliférer le plus possible en engrossant un maximum d’humaines…
- Pas nous.
- Oui, bon, continue.
- Tout cela a été censuré du début à la fin, durant des années. On croyait s’être débarrassé du rejeton. Manque de pot, il est à côté de toï.
- Tu rigoles ?!
- …Tu crois franchement que je tirerais cette tête si c’était une putain de blague ?!
Et effectivement, Toyz avait une tête de déterré. Après l’avoir considéré un moment, Be’ demanda ;
- Bon, ok, t’es bien le fils de Jibril. Mais au final, à part que tu sois une célébrité, comment tu veux que j’utilise cette information ?
- Si la nouvelle a été censurée, c’est car, si elle se faufilait dans les ragots, cela deviendrait le chaos à l’intérieur du Paradis. Déchoir un des piliers, c’est provoquer sa perte. Une révolte immense et… Je suppose que Jibril sera mise à mort.
- Et tu déballes ça comme ça ? T’as pas de peine pour ta mère ?
Long silence.
- Je suppose que tu lui en veux pour ta balafre sous ton œil, hein ?
Et c’était le cas.
- Bon, merci de l’info. Attend, je reviens.
Be’ décampa en direction du Lycée mais ne revient pas. Ce fût après deux heures d’attente que Toyz décida de la chercher. Elle était dans son dortoir et tenait un long katana.
- Les armes sont interdites, ici, tu sais…
- C’est mon âme.
- Hein ? Quoï ?
- Les âmes peuvent être scellées dans divers objets du quotidien. Et maintenant… -Elle posa l’arme dans les mains de l’Ange.- Elle est à toï.
- …Pourquoï ?
- Si j’ai des sentiments, je ne ferais rien de correcte là-bas. Il faut que je me concentre sur mon objectif. Plus de peur, plus de douleur… Si je tremble, je n’oserais pas combattre.
- Et tu comptes combattre sans armes ?
- Je pourrais toujours trouver un autre katana.
C’était pas idiot.
- Pourquoï spécialement à moi ?
- Car… -Elle hésita un instant, pas trop sûre de ses dires.- Le seul moyen pour réussir une invocation, c’est d’avoir quelque chose qui intéresse celui que tu invoques. Bientôt, je te montrerais comment ouvrir le passage vers les Enfers, et tu invoqueras le Satan Bélial. Ce que tu recherches est dans les cordes du Prince des Déchus. Va voir Lucifer en personne. Monnaye avec mon âme l’accès à Lucifer. Bélial te laissera passer. Bizarrement, c’est bien le seul Démon en qui j’ai encore confiance. Il respecte sa descendance. Une fois chez Lucifer, si tu le sens, tu pourras lui vendre ton âme. Mais sache que tu perdras en même temps tout ce qui fait la tiédeur de cette vie. Sans âme, tu ne pourras pas être heureux.
- Mais je ne serais plus triste… -Dit-il en contemplant le katana- … Et je serais puissant !
Toyz se réjouissait déjà d’un tel débouché. Rencontrer Lucifer en personne !
- De mon côté, reprit Be’, ne croit pas que je garderais ton secret silencieux. Je partirais avant, de manière à le monnayer. De cette manière, tu pourras directement t’imposer comme étant ce que tu es. Si tu y vas en même temps ou avant moi, l’information n’aura plus d’importance.
Le Déchu hocha la tête, sans pour autant s’intéresser à ce qu’elle disait. Il était heureux de, bientôt, être capable de se venger de toutes ces raclures qui l’avaient tant et tant de fois trainé à terre !
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Amiel Rus
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MessageSujet: Re: 08 Mars 2013 - La Descente aux Enfers - Réecriture   Mar 22 Déc - 21:28



Il est dit qu'au fin fond des entrailles de France se trouve une caverne sombre et enténébrée. Cet endroit de terreur, délaissé depuis des siècles, est connu pour être la cause de toutes les superstitions existantes. L'une d'elle se murmure tout bas, dans les colonies de vacances. Les moniteurs, cruels farceurs s'il en est, chuchotent alors du bout des lèvres la légende de ce lieu infâme. On dit que l'odeur de charogne putride s'en exhalant provient tout droit des corps des pêcheurs, condamnés à rôtir sous une torture immonde dans les dédales infernaux.

Welcome in Hell.



Mais on dit beaucoup de chose.
Notre histoire ne se déroule pas de cette manière. Elle n'a rien à voir avec les on-dit non plus, aussi vrai qu'elle a réellement concerné un élève de cet établissement.

Ah, le lycée ███▄ ! Où que se porte votre regard, vous n'y verrez que des monstres. Enfin, à peu près. Non ! Je ne suis pas un menteur. Regardez plus attentivement...! Ne voyez-vous pas ces légères imperfections, ces marques de contrefaçons sur ces déguisements enfilés à la va-vite ? Cette mascarade de monstres déguisés en humain. Dans la peau des êtres dit 'normaux'. Là-bas, dans cet établissement prestigieux, les monstres ont pour habitude d'apprendre. Qu'apprennent-ils me demanderez-vous ? Oh, eh bien ils apprennent énormément de choses... Et pourtant si peu à la fois ! Ils apprennent à maîtriser leur pouvoir, à reconnaître les faiblesses des autres, l'importance de l'amitié et... Ah, oui, bien sûr. Ils apprennent avant tout à cohabiter avec le reste du monde.

Dans cette masse informe d'étudiants heureux se trouvait un élève qui avait décidé de ne rien retenir de ces enseignements. Il s'appelait Amiel.
Amiel n'avait que quelques années de vie, et bien qu'il n'était pas plus humain que vous et moi, il y ressemblait terriblement. Mais si, m'voyez, ce genre d'adolescent au regard morne et au pas lent ? Celui qui semble supporter sur ses épaules tous les malheurs de ce monde ? Celui qui, la nuit, ne dort pas mais pleure ?
Ce genre d'adolescent qu'on retrouve un jour mort dans les toilettes de l'école, d'avoir perdu trop de sang.

Car Amiel était un élève dépressif. Sa vie ne lui avait pas offert assez de ces injections de bonheur pour qu'il ait un quelconque souvenir agréable auquel se raccrocher. Il avançait dans les ténèbres, d'un pas incertain, tentant de ravaler la douleur du lendemain.
S'il pouvait parler, à cet instant précis, s'il pouvait raconter lui-même sa propre histoire, il aurait surement expliqué à quel point s'intégrer dans le monde des humains pouvait être difficile lorsque le paradis lui-même s'était débarrassé de vous. Car Amiel était ce type d'ange tombé du ciel... Car on l'y avait balancé.
Un Ange Déchu.

Être un ange déchu, c'est pas si mal. Enfin, ça dépend de la manière dont on vous a fait déchoir. Pour le pauvre gamin, tout ça n'avait été qu'une sacrée mésaventure. Accusé de haute-trahison envers les cieux, non seulement les anges élémentaires étaient allés jusqu'à lui brûlé sur l’œil droit le symbole de Lilith, reine des enfers, ce symbole humiliant destiné aux rebuts du paradis céleste. Mais en plus ceux-ci lui avait arrachés les ailes avec moult violence. Voilà donc ce qui avait contribué à faire du garçon terrorisé un homme traumatisé.
Sur terre, il n'avait pas fait que tenter maladroitement de gérer tous ces événements malheureux. Il avait également subi. Il avait subi la perte de son mentor, Kizuki, seule personne a n'avoir jamais compté pour lui. Il avait subi la froide indifférence de la démone Bezemuth, qui avait si violemment repoussé les ardeurs qu'Amiel avait retourné vers elle une fois dépossédé de son premier amour.

Perdu et sans raison de vivre, il s'en était d'abord pris à lui-même. Une nuit sans lune, il avait essayé de finir le travail des anges supérieurs en s'enfonçant une lame dans la gorge. Son geste avait été arrêté par une jeune fille concernée. Il avait retourné contre elle sa rage.
S'en était suivi une péripétie avec l'antithèse, court flirt lui dévoilant cette facette de sa personnalité : Il pouvait, lui-aussi, haïr.
L'amour presque canin, d'un chien pour son maître, qui l'avait lié à Kizuki s'était lentement dégradé en une haine sans bornes. Il cherchait un exutoire à son ressenti et il trouva en la vie elle-même un sublime outil de vengeance. Il voulait détruire la terre entière, écraser entre ses doigts ses insolents qui riaient alors que lui se noyait dans l'océan de ses sanglots, il souhaitait, enfin, entendre les cris douloureux qu'il émettait dans la gorge d'autres personnes. Ne plus être seul.

Ce fut la jeune démone, si belle et pourtant si cruelle, qui lui dévoila insouciamment cette ruse. Confiante en l'amitié du jeune garçon, certaine de ne pas en avoir besoin, elle lui laissa un katana.

" Ce n'est pas n'importe quel katana " lui glissa-t-elle dans la confidence des ténèbres " il s'agit de mon âme. Prends-en grand soin ! "

Qu'allait-il faire d'une âme qui se refusait à ses avances ?
Ses ailes perdues, cruellement arrachées, il lui fallait compensation. Son cœur s'était noirci et sa recherche de compagnie ne le menait qu'à une seule alternative : S'il voyait en les anges des ennemis, peut-être les démons seraient-ils de plus agréables amis ?
Ainsi commença pour l'ange déchu une vertigineuse descente aux enfers.

Bezemuth était partie depuis sept jours déjà. Amiel, adorablement renommé en Toyz, sobriquet acerbe s'il en est, regardait le mur vide de la chambre vide qu'il occupait dans les dortoirs du lycée ███▄. Il n'avait pas d'argent et ne pouvait se permettre d'occuper une chambre de dortoir. La cantine était déjà au-dessus de ses moyens et il ne payait la facture qu'en vendant d'humiliants services à ses condisciples et parfois à certains professeurs désaxés. La chambre dans laquelle il se trouvait était vide. Il y entrait par effraction la nuit et s'installait dans le coin de la pièce. Recroquevillé sur lui-même il regardait approcher la nuit d'insomnie qui lui laissait tout le temps de voir sa raison s'effriter en même temps que les heures de veille. Mais aujourd'hui était un jour différent.

La jeune démone, quoïqu'elle cherchait en enfer, avait eu le temps d'y créer son bout de chemin. La fin du délai imparti avait retenti, il pouvait désormais, lui-aussi, tenter sa chance auprès du grand seigneur Lucifer.
Et il avait en cadeau un bien qui ne pouvait être refusé. Un sourire cruel se dessina sur ses traits. En échange de ce secret qui lui avait coûté ses ailes, la Démone lui avait vendu... Son âme. Cette âme n'était pas celle d'un petit démon sans importance ! Si c'était également celle de sa bien-aimée Be', c'était surtout celle de la petite protégée du Satan Belial, son unique héritière !
Une traitresse là en bas.

Contre une telle prise, il pourra certainement quémander des pouvoirs extraordinaires, non ? Il se voyait déjà reçu à la cour du roi des diables, acclamé comme il aurait toujours dû l'être ! Bercé par de telles illusions, son égo malmené s'enorgueillit de telles idées. Son cœur semblait alors recevoir un baume cicatrisant. Il se sentait mieux et quelque chose germait alors en lui... Une lueur d'espoir, certainement. Ses yeux en brillaient.

Accéder aux enfers n'était pas chose simple. C'était au contraire tout ce qu'il y avait de plus difficile. Bien entendu, la solution évidente, qui aurait pu lui crever les yeux si ce n'était pas déjà à moitié fait, c'était bel et bien de se suicider. L'âme, ainsi pécheresse, se dirigerait immédiatement vers ce lieu d'agonie. Mais mourir ne lui plaisait pas. Il en deviendrait d'autant plus vulnérable. Et puis il lui fallait ce corps fier bien que branlant pour pouvoir porter le katana !
Be' n'était pas tant à blâmer que cela. Elle lui avait donné un plan avant de le délaisser pour cet autre imbécile d'ange déchu qui n'avait aucune idée de la chance qui l'étranglait. Ce plan, s'il devait le suivre à la lettre, il ne comptait pas le faire. Intérieurement convaincu que l'âme du fils de l'archange Gabrielle avait moins d'importance que celle de sa bien-aimée, habitué à se dévaloriser qu'il était, il avait pour plan de faire l'inverse de ce qui était prévu. Bien entendu, ça n'aurait pas vraiment plût à la démone d'imaginer son âme dans les mains du Porteur de Lumière, mais elle n'était pas là pour pester alors... Il n'y avait aucun problème, n'est-ce pas ?

Mais ce petit ange était bien mal-avisé de se croire diabolique uniquement car il osait juger de lui-même de la valeur d'une âme.

Désormais seul au monde, après avoir repoussé tout ceux qui auraient pu s’inquiéter pour lui et avoir scellé à double-tour son cœur meurtri, il ouvrit le vieux grimoire trônant à même le sol de sa chambre vide. Il se releva et, d'une craie qu'il gardait précieusement dans sa poche, traça à même le sol un cercle d'invocation. Son cœur battait fort dans ses tympans, l'espoir le stimulait tout autant que l'appréhension. N'avait-il pas échoué chaque invocation jusqu'ici ? Les démons ne se moquaient-ils pas de lui ? Qu'est-ce qui lui affirmait que cet essai n'allait pas se traduire encore une fois par un cuisant échec ?
Debout, sans uniforme de cérémonie mais le corps tendu comme avant un exercice gymnique, il leva le visage vers le plafond. Ses deux mains, les paumes ouvertes vers le haut, les doigts écartés les uns des autres comme si une force surnaturelle quoique attrapable glissait entre eux, l'ange déchu récita les formules consacré, chanta d'une voix tremblant la psalmodie. Chaque note résonnait dans la chambre. Chaque son semblait le rapprocher de son but et finalement, à l'instant fatidique, alors que, dangereusement, rien ne semblait se passer, il se rendit compte de son oubli.

Se jetant sur le katana, il l'attrapa de ses deux mains et tendit l'arme vers les cieux. Les bas-fonds de ce monde réagirent.
Surgit du cercle d'invocation une élégante créature au masque d’arlequin. Le démon s'inclina profondément alors que l'ange déchu, interloqué, ne su s'il s'agissait d'une farce ou de la réalité des enfers. Celui qui semblait être apparut en tant que Bélial le toisa. Sa révérence n'était que moqueuse, il n'aurait jamais courbé l'échine face à un simple ange, même si sa vie en dépendant... Lucifer excepté, bien entendu.
L'échange de regards, intimidé, dura plus d'une minute durant laquelle les deux êtres s'étudièrent. Finalement, le démon, émissaire ou Satan pilier des Enfers, tendit une main androgyne. Son visage se scinda d'un sourire et une voix caverneuse, effrayante, résonna dans la pièce isolée du monde.

" Tu as quelque chose pour moi, n'est-ce pas ? " demanda l'apparition, regardant sans se cacher le katana qui semblait briller d'une lueur rougeâtre. Amiel en senti pour la première fois la chaleur, comme si toute l'affection qu'il avait jamais porté à Be' se trouvait désormais enfermé à l'intérieur de cette arme. Il regretta d'avoir à la donner et hésita...
Mais de toute manière, ce n'était pas le plan !

Souriant à son tour, le déchu, d'un air narquois, répondit savamment :
" Ce n'est pas cette âme que je te propose. " Le Satan frémit mais cacha bien vite son trouble. Docile, il attendit le bon vouloir d'Amiel afin de recevoir de plus amples informations sur le marché à passer. Il était pourtant aisé de voir qu'il en était contrarié car il lorgnait toujours d'un œil sur le katana étincelant.

" C'est la mienne. " Imbécile ! Pensa le Satan dont le sourire ne tarda pas à revenir. Il n'était pas stupide et sû vite ce qu'attendait l'ange. Quelle sottise que tout cela ! Dans l'état où se trouvaient les choses, il était facile de comprendre que l'âme d'Amiel valait bien plus que celle de sa traîtresse d'héritière !

Les mains de Bélial s'écartèrent sensiblement, comme si celles-ci étaient les deux parties d'une balance invisible.

" Bien ! Il te suffira de signer un contrat dans lequel tu me donneras ton âme en échange de l'accès aux enfers ! "
" Je veux que tu m'y guides ! " coupa l'ange, le regard sévère. S'il n'avait pas de longues expériences avec les Démons, du moins avait-il appris à se méfier d'eux en apprenant à se méfier des anges.
" N'est-ce déjà pas assez de t'ouvrir le chemin du royaume des morts ? Tu me déranges pour si peu et tu me demandes tant ! " se plaignit la créature sur un ton qui laissait clairement comprendre qu'il jouait la comédie et avait l'impression de maîtriser la situation. " Après tout, n'est-ce pas moi qui te rend un service ici ? Que crois-tu que nous fassions des âmes ? Que nous les mangions ? " Son sourire s'étira encore, ce qui semblait impossible. Amiel eut soudain peur de ce visage déformé par une expression qu'il n'arrivait pas à cerner.

Il hésita et le Satan su qu'il avait gagné.
Amiel abdiqua.

Aussitôt le contrat, une feuille de papier convenablement rognée aux abords, apparut dans la main droite du démon. Dans sa gauche, une plume. Il tendit la plume.
Amiel s'approcha pour la quérir. Il attrapa également le contrat.

Il ne le lu pas.

" C'est ton sang que la plume répandra " dit en souriant le démon.
A peine la plume tremblante fut-elle apposée sur la feuille qu'Amiel senti sa deuxième main le brûler, comme si on y enfonçait profondément une aiguille. Faisant fi de la douleur, quelque part si légère comparée au supplice de se voir arracher les ailes, il écrivit en toutes lettres son prénom en bas de la page.

Le Démon hocha la tête, satisfait, et récupéra le papier qui s'envola jusqu'à ses propres mains. Il ne pouvait visiblement pas quitter le cercle d'invocation qui le retenait prisonnier. Son regard, empli de pitié tout autant que de cruel dédain, engloba le pauvre ange déchu qui se tenait une main devenue douloureuse. Mais Bélial ne tarda pas à muer ce sourire qui ne l'avait quitté en rire sonore. Se mélangea à ce son troubla le bruit d'un brasier de vive force. Le sol à l'intérieur du cercle d'invocation s'effrita, le plancher se fit dévoré par les flammes et bien qu'il était au deuxième étage des dortoirs et donc qu'en dessous devait se trouver en toute logique un lit et un élève, ce furent les enfers qui se révélèrent à l'intérieur du cercle d'invocation. Le Satan disparut, laissant Amiel face à la bouche béante qui le mènerait dans les profondeurs infernales...

Il trembla, plus aussi sûr de lui qu'il ne l'était il n'y avait que quelques minutes. Ce n'était pas qu'il n'avait jamais vu les enfers... Non... Accompagné, chaperonné par Bezemuth, il y avait vécu une semaine chargée en apprentissage. Mais là, seul, ce n'était pas pareil. Il pesta, se rendant compte que la Démone aura pu arranger tout cela de manière à le faire entrer avec elle là-dedans ! Qu'est-ce que cela lui aurait coûté ? Elle avait dit 'vouloir vendre l'information de son secret', elle avait clamé que 'c'était impossible s'il y allait en même temps qu'elle'... Une belle manipulatrice, voilà ce qu'elle était ! Elle devait avoir prévu depuis le début que son âme serait en sécurité entre les mains de son ancêtre et ne la lui avait confiée que dans cet optique.
Fermant les yeux, il ne lui fallut qu'une demi-seconde pour ressentir toute la haine et la rage accumulée au cours de cette année d'étude. Il avança d'un pas résolu et pressé dans le précipice qui se refermait déjà et tomba dans les méandres des ténèbres.

La chute fut moins difficile que celle qui l'avait mené du paradis à la terre. Il se retrouva au sol, allongé sur un parterre chaud et à moitié entouré d'une mer de lave. Curieusement, il n'avait pas mal. Il se releva. Debout, en face de lui, l'attendait le Satan. Être à ses pieds venait d'être une expérience plus que déplaisante. Le Diable ne dit mot sinon une phrase, simple et concise. Il se contenta de lui signaler d'un air détaché qu'il allait maintenant s'assurer qu'Amiel s'acquitte de sa part du marché.

Se faire retirer l'âme. Me croirez-vous si je vous disais que ce fut l'expérience la plus agréable qu'Amiel ait jamais vécue ? Non, me répondrez-vous et vous aurez tord ! Car à partir du moment-même où il sentait un poids énorme quitter son cœur, il se rendit compte à quel point il était désormais apaisé. Son être, plus vigilant qu'il ne l'avait jamais été, lui donnait accès à des détails qu'il aurait ignoré dans la folie de ses émotions. Son esprit était plus aiguisé, son cerveau plus apte à lui offrir ses services. Sur son visage s'étendit le rictus qui l'avait tant effrayé chez Bélial.

" Merci " murmura-t-il au Démon qui était déjà parti...

Bien ! Il ne restait plus qu'à trouver Lucifer. Le katana serré contre lui, par précaution car il pensait qu'on allait le lui arracher des bras, Amiel avança à l'aveuglette dans l'immense territoire qu'était le Royaume de Géhenne.



Il se trouvait au sein d'une immense cuve où un chemin solide était vaguement tracé, entouré par des flots de lave. Le paysage était désert, rougeoyant et étrangement calme. Amiel s'était fait une toute autre idée de l'enfer. Il aurait vu cela à l'inverse du paradis; un lieu où les démons festoyaient jours et nuits et s'échangeaient coupes d'alcool dégoulinantes d'un liquide visqueux, vert, probablement mélangé à du jeu de cervelle.
Il se voyait alors un peu déçu que le cliché premier, sur l'enfer, celui des champs de lave qui ne l'importait nullement, était véridique alors que celui d'un endroit chaleureux et débonnaire au point d'en être légèrement cruel et déplacé, ne l'était pas. Il s'assura qu'il était prêt à voyager et avança le long du chemin prédéfini.
Cela dura des heures... Ou peut-être même des jours. A avancer sur ce chemin, il commença doucement à perdre la notion du temps. Il s'ennuyait également avec atrocité. Que pouvait-il faire sinon avancer ? Cela faisait bien longtemps qu'il avait perdu l'entrée de vue ! La seule chose qui aurait pu le distraire un tant soit peu était le katana. Mais celui-ci semblait avoir perdu la chaleur qu'il avait un instant ressenti dans l'objet. Ce n'était plus qu'une arme vide de profondeur.

Un pistolet lui aurait été plus utile.
A force de marcher, il fini par atteindre une ville. Il se senti immédiatement rassuré en entendant les cris et le tapage qu'il avait rêvé pour ce lieu hors du contrôle de Dieu. Il se prit à rêver de fêtes et d'orgies au moment où ses pieds dépassèrent la première maison.
Ce qu'il vit l'estomaqua. Il y avait bien des anges en enfer. Be avait raison ! Deux ou trois, dans les rues, erraient en haillon. L'une d'elle, chancelante, tendit son unique main vers le voyageur avant d'apercevoir la marque de Lilith brûlé sur son visage. Prise de frayeur, elle recula et s'enfuit en courant, se signant hâtivement dans sa fuite.
C'est à peu près à cet instant qu'il comprit à quel point il était arrivé jusqu'ici sans se soucier de son sort. Il était un ange perdu dans les enfers, comment avait-il pu croire que les démons allaient le laisser en paix ? Comment avait-il pu penser qu'il aurait été accueilli avec les honneurs ?
Alors que sa méfiance gagnait en puissance, l'ange se rassura : Il n'était pas rien. Sa prestigieuse naissance lui offrait assez de renommée pour être admit ici avec le respect qui lui était dû. Personne ne pouvait lui refuser ce droit !
Ces anges de pacotille, mendiants dans les rues, poisseux et mutilés, devait certainement être des anges de niveau inférieur, des créatures que les anges normaux eux-mêmes répudiaient !
Comme il l'avait été. Le souvenir de sa courte existence en tant que Grigôl lui revint en mémoire, mais il la chassa bien vite. Était-ce le moment de s'apitoyer sur son sort ? Certes, non ! La seule chose qui importait à l'heure actuelle était de trouver au plus vite le Seigneur des Déchus et de passer ce marché.
Le moindre doute ne ferait que le retarder.

Avalant courageusement sa salive, lançant un regard hautain empli de dédain aux misérables cloportes angéliques qui de toute manière ne semblaient pas pouvoir soutenir sa présence, Amiel avança, se mêlant parmi les démons emplissant les rues. D'aucuns se retournaient et observaient, tantôt curieux, tantôt railleur, l'ange qui se permettait de les prendre ainsi de haut. C'était amusant quelque part, ne savait-il pas qu'ici, les anges étaient tout juste bon à nettoyer le caniveau avec les dents ? Ha, l'insouciance de la jeunesse.
L'ange se crut en sureté jusqu'au moment où ce qui ressemblait à une choppe de bière en métal sculpté lui atterrit dans la tête. Outré, celui qui avait vendu son âme chercha son agresseur. C'était une créature immense, une outre à bière, qui riait d'un rire gutturale et sinistre. Il devait bien faire trois fois sa taille. L'ange se retrouva donc face à un dilemme. Fallait-il chercher noise à son agresseur ou partir rapidement, la queue entre les jambes et ainsi éviter les ennuis ? Il pourra, après tout, toujours se venger une fois ses pouvoirs obtenus !

L'ange n'avait jamais été un héros. Ce genre d'êtres qui affrontent les ennemis et s'en sortent victorieux, contre toute probabilité. Toujours la victime et jamais le bourreau, il avait prit l'habitude de courber l'échine et de s'enfuir lorsqu'il le pouvait. Il avait prit l'habitude de ravaler larmes et rancœur en attendant ce jour où il serait en son pouvoir de quérir réparation.
Mais n'avait-il pas changé ? Son âme n'avait-elle pas été vendue ? Que pouvait-il maintenant ressentir comme sentiments ? La peur avait déserté à jamais son âme ! Il n'y avait pas plus courageux que lui ! C'était d'ailleurs la raison pour laquelle Be' avait choisit de se débarrasser de sa propre âme avant d'entamer avant lui ce périlleux pèlerinage. Il lui fallait combattre.

Se mettant donc en position de combat, cherchant en sa mémoire les techniques de combat apprises au cours de ces si nombreux mois d'entrainement avec la démone, il se senti prêt à lutter pour son honneur et sa vie. Il sentait poindre en lui l'envie malsaine de voir ramper à ses pieds ce démon, pleurant pour sa vie !
Si beaucoup d'images défilaient devant ses yeux, se jouant de sa rage et de sa colère, il n'y voyait que le visage de son compagnon et amant. Les mois de solitudes et la haine d'un amour ayant tourné au vinaigre le motivaient à clamer le sang. Il avait besoin de se battre.
Peut-être lui fallait-il également prouver, ne serait-ce qu'une seule fois dans sa vie, qu'il était un homme.

Cependant un lâche reste un lâche et Toyz attaqua sans attendre que l'adversaire réagisse à son approche. Il se jeta à sa gorge et lui enfonça son katana dans l'épaule. Le démon tomba à terre mais lui envoya un coup de pied dans le ventre qui fit reculer l'angelot.
Amiel se senti stupidement apeuré à l'instant où du sang envahit sa gorge. Le coup reçu était-il donc si puissant ? C'était alors à ça que ressemblait un véritable démon ! Il ne se dégonfla donc pourtant pas et revint à la charge. Entre temps, la peau de son adversaire s'était mise étrangement à chauffer. Lorsque les mains avides de mort du déchu touchèrent la chair de l'adversaire, il poussa un cri de douleur ! Il se brûlait !
Sa main s'était subitement mise à brûler.
Par réflexe, il se jeta sur le katana, tombé au sol et l'enfonça plusieurs fois dans la gorge de l'adversaire, s'acharnant sur le corps alors que celui-ci se raidissait.
La tête finit par en tomber.

Peu loin du lieu du combat, une démone à l'allure élégante se mit à applaudir. Amiel se retourna fièrement alors que la femme s'approchait.
Elle avait une peau pâle de lait et de longs cheveux noirs bouclés tombaient en cascade sur son visage fin, triangulaire. Le sourire de la déesse qui lui apparaissait le troubla. Il était totalement sous le charme et croyait son acte héroïque digne d'une telle récompense !
Mais arrivée à lui, la démone releva la tête, son air soudain embruni, comme si quelque chose la contrariait. L'air niais affiché sur le visage du Grigôl parti bien vite au profit d'une expression d'incompréhension totale. Qu'attendait-elle de lui ?
Il se retourna et balaya du regard le reste des démons. Ceux-ci se tenaient profondément incliné et tous avaient posés un genou à terre. D'aucuns embrassaient même le sol, référents comme s'il s'agissait là de leur vie.
La souveraine émit un sourire cruel, vindicatif. Hébété, le jeune homme fini lui aussi par poser un genou à terre. Elle lui tendit une main aux doigts crochus. Sur le majeur y figurait une bague au diamant d'onyx énorme. Gravé au sein de celui-ci se trouvait un symbole qui ne lui était pas inconnu. Il embrassa l'artefact contenant le sceau gravé en sa peau.

Bientôt chaque démon mâle avait déserté le lieu, ne préférant pas se mêler des affaires d'une souveraine qui ne les commandait pas. Seules restaient les demoiselles, prêtes à rendre service à leur majesté. Amiel restait ainsi, bêtement, un genou à terre, plutôt satisfait au final d'être arrivé aussi loin. Il venait de rencontrer la première Démone des Enfers ! Et celle-ci semblait emplie de généreuses attentions à son égard ! Quelle chance ...! Non ! Il ne devait pas penser ça. Tout ce qui venait d'arriver était entièrement dû à sa détermination et à sa valeur.
Ce n'était pas une simple femme qui lui dira le contraire !

La belle Lilith l'envoûtait cependant et il n'attendait qu'un mot de sa part pour se relever et demander à Lilith l'audience qu'il attendait de Lucifer, son amant.

Une petite voix en sa tête lui demanda, narquoise, ce que cela faisait de déshonorer Dieu, de le trahir. Amiel ne su que répondre. Cela ne lui faisait ni chaud ni froid et il n'avait pas l'impression de commettre crime. Au contraire, à cet instant précis, il se sentait enfin bien accueilli !
La démone, d'un léger mouvement de la tête, lui fit signe de se relever, ce qu'il fit prudemment. Les demoiselles de ce lieu le surveillaient de près et il se doutait que personne ici n'avait confiance en lui.

" C'est plutôt rare qu'un petit ange sans ailes arrive de son plein gré dans mon royaume. " souffla d'une voix gracieuse la mère des vampires et des lycanthropes. " Quel honneur serait-ce pour toi si je t'invitais en mes quartiers ? " Un sourire narquois apparut sur son élégant visage. Le fin voile de dentelle posé sur ses cheveux glissa un instant vers l'avant, brisant le mysticisme de ses magnifiques traits. Le charme rompu, Amiel entrevit un instant les immenses ailes de la souveraine, qui trainaient jusqu'au sol.
Car elle était connue pour être démone, il aurait imaginé là d'immenses ailes de chauve-souris. Mais ce n'était pas le cas. L'espace d'un court moment, l'ange fut pétris d'horreur alors qu'il se rendit compte que la si belle apparition avait ses ailes faites de lambeaux de chair. Bien qu'elles semblaient dotées d'une vie propre, ces dernières avaient l'air rongées par la décomposition.
Mais la belle dégagea son visage du voile encombrant et Amiel oublia bien vite l'atroce vision. Il ne vit que les yeux d'une couleur indescriptible de l'élégante. Elle émit un rire et lui tourna le dos, se dirigeant, il le voyait maintenant, vers un immense château bien plus loin que ne l'était la ville. Un char guidé par deux démons virent la chercher et elle s'y installa, ne quittant pas du regard le fils de Jibril qui, abasourdi, ne se rendit compte que trop tard qu'il n'avait pas su plaider sa cause.
La sensation captivante de l'apparition flottait encore dans les airs et Toyz se senti prêt à aller, même à pieds s'il le fallait, dans cet immense château, là-bas, qui abritait la suzeraine. Il avait perdu de vue son but original et ne pensait qu'à rejoindre celle dont on disait plus adroite que la plus adroite des succubes.

Il n'en revenait toujours pas ! Elle l'avait accepté, lui ! Elle lui avait permis de baiser sa main dénudée ! S'il avait su ! Pourquoï maudire un tel sceau s'il représentait une créature si désirable ? Si adorable ? Ce n'était pas une humiliation que lui avaient fait subir les anges en le gravant au fer rouge de la marque de Lilith... C'était un honneur !
Mais... Il s'arrêta un instant. L'avait-elle bien invité ? Il le croyait, oui ! Elle n'attendait que lui ! Ha... Quel besoin avait-il désormais de quitter les enfers ! Ne serait-il pas bien ici, aux côtés de cette déesse ? Si c'était pour elle, il...
Émoustillé, il reconnu en la suzeraine la chimie qui l'avait tant attiré chez Bezemuth. Il considérait cependant l'épouse du Porteur de Lumière bien plus attirante... Et plus noble aussi ! Il n'avait de cesse de ressasser les nombreuses qualités de l'espiègle demoiselle alors qu'il commençait son périple vers ce château.

Il déchanta bien vite.
Affamé, épuisé, son corps malmené se moquait éperdument de lui. Il luttait désormais à chaque pas pour ne pas s'effondrer.
Son courage, cependant, motivé par la belle l'ayant, à ce qu'il paraitrait, invité en sa demeure, ne faiblissait pas. Il ne faisait que se meurtrir d'avantage.
La tâche était ardue et il se serait certainement découragé s'il avait pu éprouver le moindre doute. Mais aucune peur, aucune réflexions contraire ne se faisait ressentir. Aucun sentiment non plus. Seul restait le désir de posséder Lilith et l'envie d'obtenir ces pouvoirs. Il aimait ne plus avoir d'âme.

Les courbes de la belle lui donnaient la force d'avancer, sa voix était cette détermination dont il faisait preuve. Il avalait sa peine et ignorait ses pieds en sang, dont les chaussures avaient étés rongées par l'effort depuis bien trop longtemps. Il n'écoutait aucune plaindre de ce corps fébrile dont les nombreuses blessures se rouvraient à chaque pas. Les muscles le tiraient, semblant s'arracher à chaque pas pour s'échapper hors de cette peau déchirée.
Il crut mourir mille fois avant d'arriver au château.

Aux gardes de l'entrée, il répondit sèchement avoir été invité. Ces derniers, hésitants, finirent par le laisser passer et le jeune ange senti tout le poids de ces efforts s'envoler alors qu'il pénétrait dans la salle du trône.
Mais là, nul Lilith. Sur le siège royal se tenait assis dans ses aises, les jambes croisées et le visage appuyé contre son poing, un impertinent jeune démon.
Celui-ci, une énorme couronne dorée sur la tête, regardait de toutes la hauteur des marches menant au trône le pitoyable ange dont les jambes se dérobèrent alors sous son poids.

" Lilith ? Haha ! Tu croyais sérieusement qu'on laisserait une merde comme toï poser les yeux sur notre reine ? Tu t'es bien planté mon gars ! "

Les yeux vert du démon étaient tels des épées tranchantes, son regard était assassin. Le garçon assit sur le trône, quel qu'il soit, faisait froid dans le dos !
Le démon se releva, souriant de toutes ses dents.



" Ici tu es sur les terres d'Elzeth, le roi Elzeth... Moi quoi ! " une fois debout et malgré la hauteur où il se trouvait, il semblait bien plus petit. Le 'roi' ne devait pas dépasser le mètre cinquante. " ...Et je n'aime pas qu'une merde de ton calibre vienne me déranger. " il fit mine d'hésiter avant de glisser un " gardes ? " moqueur. Les serviteurs du sale petit démon rappliquèrent.

" Attends ! " fut tout ce que le petit ange, à bout de souffle, fut capable d'articuler. Le démon soupira, levant les yeux au ciel et croisa les bras. On entendait des bruits réguliers d'un pied tapant d'exaspération contre le sol. " Tu as dix secondes. "

Elzeth ? Il n'avait jamais entendu parler d'Elzeth. Où était la belle Lilith ? Était-ce un tour ? Une blague ? L'avait-il seulement rêvée ? Abattu et aux bords des larmes, il fallait pourtant à l'ange déchu ravaler sa colère et se battre pour ce qu'il était venu chercher. Dans l'état où il était, il n'ira pas plus loin. Il fallait se rendre à l'évidence : Elzeth était le démon le plus puissant qu'il ne pourra jamais rencontrer !

" Un contrat... Je suis venu passer un contrat. " il redressa la tête, ce qui lui prit un effort monumental, et planta ses mirettes violettes dans celle de son interlocuteur. Le démon fit une grimace ennuyé et se rassit, croisant à nouveau les jambes.
Il n'allait visiblement pas insister. C'était à Toyz de donner les détails.

" J'ai... " il toussa, cracha une gerbe de sang qui obstruait sa gorge. " avec moi une âme d'une puissante démone. Je veux l'échanger contre la Puissance. " dit l'ange, reprenant peu à peu sa contenance.

Elzeth éclata de rire. Le rire fut long et cruel, il n'avait rien à voir avec celui de Lilith. Amiel sentit la rage refaire surface sous sa peau. L'envie de lui arracher les yeux et de l'étrangler avec ses propres tripes... Ce gamin insolent ! Il serra fortement les poings.

" Tu veux parler... De cette démone-là ? " Elzeth frappa dans ses mains et deux gardes amenèrent...
Be.
Le visage de l'angelot se décomposa. Elle n'avait donc pas réussi ? Lui qui la croyait partie loin avec cet autre ange !
La démone, lourdement enchaînée, faisait profil bas mais son regard était empli de haine. Son égo souffrait terriblement de la situation et à cela s'ajoutait la honte d'être confrontée dans cet état à son kôhai. Sur son corps, facilement visible sous l'uniforme déchiré du lycée ███▄ qu'elle arborait au moment de son départ, se trouvaient de nombreuses traces sanguinolentes. Des hématomes couvraient son visage. Son nez, digne d'une asiatique, était plus que certainement brisé car l'arrête, en miette, le laissait partir doucement sur le côté. Il ne reconnaissait qu'à peine celle qui l'avait accompagné durant cette année au lycée.
Il détourna le regard. Elzeth prit cela pour un oui.

" Mais je veux bien considérer tout de même ta question de marché. " le sourire d'Elzeth s'élargit encore et Amiel fut terrorisé face à l'évidence : ce sourire disproportionné... Il l'avait déjà vu. C'était le Démon qu'il avait invoqué ! Bélial !
...Elzeth s'était joué de lui du début à la fin. Nul doute qu'il avait également prit l'apparence de Lilith pour le berner !
Il avait été manipulé, moqué.
La vérité fut si dure à encaisser qu'Amiel crut en mourir sur le coup. Il sentit tout son être se briser en fragments. " ...Car après tout, on ne dira pas de moi que je suis méchant envers ceux qui me vendent leurs âmes ! " un rire nerveux, faible, s'échappa des lèvres de l'hargneux petit démon. Il refoulait lui-aussi une forte haine et tentait de sauver les apparences. Nul doute qu'il mourrait d'envie de sauter au cou de quelqu'un. Probablement la jeune démone écorchée qui fixait le vide depuis tout à l'heure.

" T'as-t-on d'ailleurs réellement expliqué ce que ça fait, de posséder l'âme de quelqu'un ? " dit, moqueur, Elzeth, tout en sachant qu'Amiel n'avait pas la moindre idée de l'engagement qu'il avait signé. " Tu le contrôles ! C'est bien simple; à cet instant même, tu es mon esclave. "
Le silence fit place au ton moqueur du garçon. Personne n'osait dire mot. Amiel enrageait silencieusement et cherchait un moyen de se sortir de ce mauvais pas. Il se rassurait en se répétant que le démon mentait surement et puis... Ce n'était qu'une feuille de papier ! Son 'esclave' ! Et puis quoï encore ?
Quant à Be... Be... Amiel tourna le visage dans sa direction. Avec ou sans âme, il se sentait déçu que la situation ait tournée de cette façon. Mais quelque part, il était soulagé qu'elle n'ait pas rejoint son amant. Il l'avait toujours voulu pour lui et ce n'était pas maintenant que les choses changeraient. " Si tu veux que je t'accordes tes pouvoirs... " murmura le cruel démon " il te suffira de faire une toute petite chose pour moi... Mais alors vraiment une toute petite ! "
D'un tout autre ton, il s'adressa à ses hommes de mains, leur aboyant de faire venir 'le réceptacle de l'Ira'.

Si le terme semblait étrangement familier à Amiel, Be, elle, réagit immédiatement. D'une voix un peu déformée par son nez brisé, elle s'écria...
" Attends ! Quoique tu ais en tête, change d'avis ! 'Il' n'a rien à voir avec ça ! "

Une porte donnant sur l'un des nombreux couloirs du palais s'ouvrit et laissa apparaître le Réceptacle de l'Ira.
C'était un jeune ange qui semblait peut-être seulement de quelques années plus vieux qu'Amiel. De longs cheveux noirs aux vagues reflets violets, poisseux, lui tombaient sur un corps recouvert de bandages sanguinolents. Ses yeux violacés étaient exactement de la même teinte que ceux d'Amiel mais lorsque ceux-ci se croisèrent, l'ange ne pu réprimer un cri. Ses instincts, bien que fortement amoindris depuis sa déchéance, ne pouvaient rester silencieux devant l'aura que dégageait cet être. Son visage tel un masque ne démontraient aucune émotion mais ces yeux... Ils semblaient héberger la folie même ! Dedans se noyait à la fois la détresse la plus profonde et le sadisme le plus violent. La joie se mêlait à la colère et l'insanité enrubannait le tout dans des myriades d'humeurs vécues à la fois par Taito.
Et à son œil droit se trouvait ce même symbole qu'Amiel avait gravé dans sa peau. Le symbole de Lilith, marque des déchus et des traitres.
Un instant, alors qu'Amiel remarqua les ailes asymétriques de la créature, il se rappela les paroles de son amie. Lorsqu'un ange tue, ses ailes deviennent noires. Taito avait l'une de ses ailes d'un noir profond, si foncé qu'il était impossible de distinguer les plumes. L'autre n'était qu'un squelettes dont les os avaient étés limés de manière à ce que leurs extrémités soient tranchantes et dangereuses. Celui pour qui Be' avait tant et tant manigancé se plaça devant Elzeth, docile.

" Il te suffira de le tuer. " minauda Elzeth et Amiel n'était pas si sûr qu'il s'adressait bien à lui plutôt qu'à son chien de garde. Taito n'attendit d'ailleurs pas avant de foncer sur l'ange aux cheveux rosâtre, s'aidant de son unique aile qui pouvait voler pour se propulser d'une meilleure vitesse.

Ce fut la dernière épreuve d'Amiel.

Be s'était mise à se débattre violemment. Voyant que c'était inutile, elle tenta de résonner Amiel. " Ne lui fait pas de mal ! " supplia-t-elle. " Il ne sait pas ce qu'il fait ! " elle se tourna vers Elzeth et l'implora également. " Par pitié... " des sanglots mélangés à des cris de rages emplissaient la pièce.

Mais aucun des êtres ici n'aurait été capable de ressentir de la pitié. Amiel ne pouvait se permettre de douter car Taito en voulait clairement à sa vie. De plus, il s'agissait là de donner à son périple la fin escompté. Il ne pouvait tout simplement pas échouer ! Quelque chose en lui le poussait à attaquer, esquivant les coups donnés. Il ne comprenait pas comment il pouvait ainsi se déplacer, si agile, alors que quelques minutes avant son corps ne lui permettait plus de tenir debout. Certainement était-ce l'adrénaline ou l'instinct de survie... Dans tous les cas, ça n'était pas son soucis le plus important. Il fallait éliminer la machine à tuer.
Taito combattait par des coups rapides et vifs. Lorsqu'il s'approchait assez près, il tentait d'enfoncer son aile gauche, celle d'os, dans la chair de l'ange. Amiel, qui n'avait pour se défendre que le katana contenant l'âme de Be', esquivait les attaques, profitant de son avantage en agilité. En effet, les ailes inégales de l'assaillant le déséquilibraient. Il ne savait pas non plus parer les défauts de son œil brûlé et gardait donc de dangereux angles morts. Amiel, qui avait ce même problème, utilisait donc cet handicap contre son adversaire qui ne pensait pas à lui rendre la pareille. Taito semblait mué par une volonté si forte qu'elle le guidait, le poussait à tuer. Amiel avait encore sa jugeote à ses côtés.

Le combat prit une toute autre tournure au moment où Amiel eut la mauvaise idée de se laisser prendre un coup pour pouvoir bénéficier de ce moment pour frapper lui-aussi son adversaire. Il espérait lui porter un coup définitif mais tous d'eux se blessèrent dangereusement à l'épaule. Taito laissa échapper un hurlement bestial et contrattaqua.

Amiel, endolori, ne savait plus ou donner de la tête et fini par trébucher sur l'une des marches menant au trône. Elzeth émit un rire moqueur, ce fut plus que suffisant à Amiel pour lui permettre de rassembler ses dernières forces et, au moment où son adversaire aller frapper, de lui enfoncer l'épée dans l’œil.
Celle-ci, accompagnée par le geste de Taito qui s'était approché vivement pour le frapper, s'enfonça jusqu'au fond du crâne. On entendit un bruit d'os brisé et un gémissement faible provenant de la petite démone.

Elzeth semblait satisfait du résultat. Il contempla un instant son nouveau champion, un gringalet encore essoufflé par la lutte acharnée qu'il venait de mener. Au moment où le Roi Démon voulut adresser sa récompense à son nouveau jouet, il entendit un bruit de corps s'effondrant. Amiel, à bout de forces, venait de s'évanouir.

_____________________________________________

Le jeune ange fut dérangé dans son sommeil par les pleurs répétés d'une démone qu'il avait coutume de croiser. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il fut donc agréablement surprit d'apercevoir l'infirmerie du lycée ███▄. Allongé sur un lit, certes, abîmé de partout, il eut cependant le loisir de constater qu'il était en vie -ce qui est presque toujours une bonne nouvelle-. Tâtonnant de ses mains couvertes de bandages, il chercha le katana... Ce dernier avait disparu.

" C'est ça que tu cherches ? " demanda Elzeth, de sa voix presque inaudible. Le démon était assis sur l'une des commodes de la pièce et tenait du bout des doigts le katana renfermant l'âme de la descendante de Bélial.
Amiel tenta de se lever mais retomba immédiatement sur le lit dans un gémissement de douleur. Il tendit la main vers l'arme. " Tu peux la récupérer ...OU tu peux tout aussi bien obtenir ces pouvoirs que tu étais venu quémander ! "

L'ange déchu acquiesça en silence. Il avait gagné.

_____________________________________________________________________________________




"And would you pray for me?
Or make a saint of me?
You don't know a thing about my sins
How the misery begins
"
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08 Mars 2013 - La Descente aux Enfers - Réecriture

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