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 Falling down in.. ♥ /OS [X]

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Zune De Laudreuil
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partie moisir dans un coin

Feuille de Personnage
Race: Vampire
Pouvoir: Télékinésie
Look Actuel:

MessageSujet: Falling down in.. ♥ /OS [X]   Sam 22 Fév - 14:51



...Parce que la jolie docteur aux cheveux vert s'était penchée sur le jeune Turold Darkest et l'avait longuement observé, avant de se retourner vivement, souriante.

- Tu me déranges vraiment pour ça ?
Dit-elle en me tutoyant alors qu'elle savait très bien que j'allais pas me permettre une telle familiarité. Et j'avais regardé la demoiselle au visage familier d'un air soulagé et avait souris aussi.
- Bien, qu'est-ce qu'il a, demoiselle Wolfberg ? Un ton de jeu dans notre voix même si la situation n'était pas censée être drôle.
- Tu le laisses sortir de chez toï... Parfois ?

Wakai avait marqué un point.
- Je lui interdis pas de sortir mais... Je frottais machinalement ma tignasse et regardais le pauvre Turold tout pâle, alité. Il a peur de l'extérieur... Je suppose. Je ne lui ait jamais demandé pourquoï il ne filait pas risquer sa vie dans les lieux louches. La faute à qui ? Certainement pas à la cinglée qui avait envoyé une cousine le maltraiter durant toutes ses vacances.
- Il a besoin d'air frais et de so-lei-leuh ! Lança la jeune femme à la peau blanche et au visage de poupée de porcelaine. J'étais plutôt embarrassée. Je pouvais bien pousser Turold à sortir dehors mais... Le soleil ? Ça je pouvais pas l'y pousser, je m'y cramerais les mains. Bien... Je remerciais la demoiselle que j'avais fortement embêtée. Depuis qu'Izzy m'avait lâché j'avais beaucoup de mal à trouver de véritables médecins. De ceux qui ne jouent pas les vétérinaires. De plus les humains n'étaient pas si courant que ça et des spécialistes dans le domaine... Il n'y en avait pas. C'est étonnant l'acharnement que l'on met à se débarrasser de son humanité. La pensée avait flottée dans les airs et avait traversée mon esprit en même temps qu'elle fut dite. Je me retournais vers ma nièce. Pourtant... Murmura-t-elle. Je crois qu'on a avec eux bien plus de points communs qu'on ne cherche à en avoir. La situation devint pesante, elle rangea ses affaires. Son alimentation n'est pas équilibrée non plus. Tu lui donne trop de viande et de sucreries. Bref, tu traites Turold comme un enfant. Laisse-le acheter sa propre nourriture et je paris qu'il s'en sortira mieux qu'une Vampire qui n'a pas à se soucier de son alimentation. Elle me tira la langue, et je la lui tira en retour, quelque peu déstabilisée. Je la raccompagnais à l'extérieur alors qu'elle me fixait longuement. Je regrettais de ne pas savoir lire les pensées mais me doutait qu'elles ne devaient pas être plaisantes. La demoiselle haïssait les esclavagistes et était en train de me juger. Au bout d'un moment, elle poussa un soupir. Elle devait conclure qu'au moins, je m'en souciais. Wakai avait ce visage fin et ces longues oreilles, les mêmes qu'Izzy. C'était ma jumelle, mais dans d'autres couleurs. Un sourire fragile, une démarche trop assurée pour être sincère, une voix qui tremble sans que personne ne s'en rende compte. Ces blessures, certaines semblables aux miennes, qui l'empêchaient d'avancer mais la poussaient à ne pas reculer. Elle eut un rire léger, cristallin. Eh bien, on dirait que tu t'es perdue dans tes pensées ? Allez, où est la porte ? A la fin de sa phrase, elle avait subitement reprit un ton sérieux. Elle ne me faisait pas confiance, je pouvais la tromper d'un moment à l'autre.

Je m'étais arrêtée et l'avais aussi contemplée, car j'étais fière qu'elle soit là. Puis j'avais repris mon chemin jusqu'à la porte. Je lui fis un signe, elle pouvait y aller.


- Merci, ce fût un plaisir. Elle ferma lentement les yeux, comme un chat qui acquiescerait silencieusement. Elle avait du récupérer quelques tics de son demi-frère Nolwe. D'un coup, elle leva son index en l'air et fouilla dans sa sacoche. Contrariée, elle sembla ne pas trouver ce qu'elle cherchait. Elle me tourna alors le dos et contempla la terre en face d'elle avant d'en faire pousser un genre de buisson.
- De l'origan. Mets-en dans ses plats. Je n'ai nulle formule magique mais je peux te conseiller ça pour qu'il se remette plus vite. N'empêche... Je me demande vraiment ce que mon frère te trouve.

La question était simple mais c'était difficile de lui trouver une réponse convenable. 'Je l'ai pris en otage en Rosaire et lui ait collé un arbre généalogique sous les yeux ainsi que des analyses sanguines pour lui prouver qu'on était de la même famille, puis je l'ai suivi et emmerdé jusqu'à ce qu'il m'aime bien' n'irait certainement pas. Haha, ce trop cher chaton !

- Disons... Qu'on a quelques atomes en commun.
- C'est faux. Il est jeune et beau, t'es vieille et moche.

Wakai...
- Au revoir.

Saloperie.
J'avais enragé quelques temps, haïssant ma sœur de lui avoir donné naissance, haïssant Lely de ne pas l'avoir mieux éduquée et enfin ce vieil Yami Laka de ne pas lui avoir donné assez de fessées. Wakai s'était tenue sage durant toute l'intervention mais enfin à l'extérieur, libérée de toute pression, elle avait perdue toute retenue. Passant en chemin devant un miroir, je me surpris à regarder méchamment mon reflet. Vieille, peut-être pas. Mais ma peau était brulée et donc plus aussi tendue que lorsque j'avais six ans. J'avais ces cernes, aussi. Pas plus grosses que celles d'Izzy, mais j'en avais quand même. Les lèvres gercées, les traits grossiers. Je découvrais mes lèvres à l'aide de mes doigts. Mes dents n'étaient pas si bien alignées, j'avais les quatre canines proéminentes et c'était disgracieux. Le blanc de mes yeux était jaunâtre depuis ma résurrection et mes cils avaient repoussées comme ils le pouvaient. Sans compter ma tignasse qui ressemblait plus à un champ de paille s'étant prit un pot de peinture qu'à des cheveux. Impossible à démêler, impossible à coiffer.

Enfin... Wakai était partie depuis longtemps et j'avais même fermée la porte à clé. Je m'étais alors approchée de la chambre de Turold, faisant tomber ce foutu miroir au sol où il se brisa. Le malade n'agonisait pas. Il s'était juste évanoui pendant le repassage, entrainant le fer à repasser dans sa chute. Il s'était brûlé la cuisse et le pantalon avec mais n'était pas franchement blessé. La demoiselle en vert étant dans les parages, je l'avais fait accourir, car j'ai tendance à m’inquiéter au mauvais moment. Je m'installais sur son lit, passant la main sur son front glacé.


- Tu te sens mieux ? Il hocha doucement la tête. Demain on fera une sortie, d'accord ? Histoire de te dégourdir un peu les jambes.

Je l'avais jamais obligé à bosser. Faire le repassage, la lessive et le ménage... Ça lui avait été attribué car il ne savait pas quoï faire et m'avait demandé de le rendre utile. Il s'y prenait mal et il aurait fallut repasser derrière lui mais c'était hors de question- je n'avais pas de temps à perdre avec ça. Je me dis qu'un jour, je ferais venir quelqu'un qui s'occupera de lui enseigner comment bien faire les corvées. C'était un peu embêtant que le jouet ne parle jamais aussi lui appuyais-je mon index sur le front. Il comprit que c'était à lui de dire quelque chose et chercha désespérément un truc à raconter.

- Merci. Je laissais tomber le plat de ma main sur son front. Il ferma les yeux et gémit car ce n'était pas agréable, puis poussa ma main et se redressa avec toutes les peines du monde. Non, je suis sérieux. Merci d'avoir fait venir le médecin. Je levais les yeux au ciel mais la situation se bloqua totalement. Il venait de repenser à Philipé. Monsieur Darkest n'en a jamais fait venir. Dit-il d'un ton glaciale. Il se sentait mal et la scène de l'enterrement l'avait bien trop marqué pour qu'il ne s'en inquiète plus.
- C'est fini, tout ça. Je détestais le mélodrame. Allez, récupère et demain, on va bien trouver un endroit où se balader !
Je me levais, désireuse de rapidement quitter la chambre avant que Turold ne continue ce genre de remarques franchement désagréables.

- Vous croyez qu'il est heureux, là où il est ? M'arrêtant net, je me retournais et regardais longtemps le garçon, vérifiant qu'il était bien sérieux dans ses propos.
- Je n'en doute pas une seconde. Mentis-je. Là où il est... Il n'existe tout simplement plus. Je voulus me remettre en chemin mais voilà qu'il en rajouta.
- ...On dit en ville que c'est vous qui l'avez tué, c'est vrai ? Je me figeais sur place.
- Où... Où est-ce que tu as entendu ça si tu ne sors jamais ?
- Cette personne qui est venue durant votre absence me l'a dit.


Encore une sale peste. Qu'on me rappelle de ne pas lui faire confiance ! Je la laisse s'amuser avec mes esclaves et voilà que non seulement elle me les abîmes mais qu'en plus elle colporte des rumeurs sur moi ?
Je détestais Turold à cet instant. Le regard froid, accusateur qu'il portait sur moi me blessait. Il aimait Philipé de tout son cœur, même si c'était uniquement car il ne connaissait que lui. Et il m'en voulait, craignait surement que ceci était un plan de ma part. La relation douce et adorable que l'on avait eu jusqu'ici allait s'effondrer. Je jurais entre mes dents. Excuse-moi Beyond mais je vais encore vendre la mèche. Je revins près du lit et il recula, effrayé, horrifié.


- Je couvre quelqu'un. Mon ton était aussi froid et impérieux que le sien. La tension pouvait continuer de monter ou retomber. Je l'ai vu tressaillir et ses yeux se remplir de larmes.
- Ce crime... Est impardonnable. Il avait commencé à pleurer et cela m'agaçait. Vous ne devriez pas aider un tel monstre ! Je fermais les yeux, tentant de garder mon calme.
- Turold... Commençais-je. T'es un grand garçon, non ? Capable de comprendre qu'il y a des choses qui peuvent t'échapper. Celle-là en fait partie. Avec le temps, peut-être que tu comprendras. En attendant, raccroche-toï au fait que je prends soin de ta poire et que tu dois vite guérir car on va un peu te secouer pour renforcer ton métabolisme.

Au fond, j'étais tout de même assez satisfaite qu'il me croit sans ciller. N'importe qui aurait pu penser que je mentais mais lui, non. Il avait tout de suite compris que je couvrais réellement quelqu'un. Je ne savais si je devais attribuer cela à la naïveté ou à la sagesse.

- Je n'en ait aucune envie. Je fis une grimace.
- Pardon ? Comme si tu avais le choix ! Crachais-je, outrée.
- Ce ne sont pas vos affaires. Il releva la tête, ses grands yeux embués de larmes et me fixa droit dans les yeux. ..Qu'est-ce qu'il me... Après tout... Il eut un léger rire, nerveux. Après tout, j'ai bien le droit de dire ça, non ?! Je reculais, sans trop comprendre. Instinctivement, ma tête se pencha sur le côté. J'étais face à un... Saut de son caractère. Il venait de dérailler. Quelque chose dans les événements avait cassé son dressage. Turold devenait curiosité. C'était un cas que je n'avais que peu -voir jamais vu. L'être fragile et docile se rebellait, et ce sans que je l'ai cherché et alors que je croyais l'avoir cerné. Un instant, je me demandais si ce n'était pas... Alors ? J'attends !
- Tu l'as. Il me regardait méchamment désormais et je détestais la manière dont tournait la situation. Tu l'as, mais uniquement si tu as conscience que notre relation n'en sera plus jamais la même. Sa bouche s’entrouvrit, il chercha quelque chose à dire mais ne trouva pas. Alors il se remit à rire.
- Ce ne sont... Pas vos affaires. Disait-il alors que son petit corps était secoué par ce rire. Ce n'est pas à vous de vous occuper de la santé de vos esclaves ! Il tendit le bras en direction de la fenêtre, s'emporta. Faire venir le médecin, les mettre dans votre lit pour qu'ils se rétablissent ! Un rictus cruel s'afficha aux abords de ses lèvres. A moins que vous ne souhaitiez être dominée, sachez rester à votre place et vos esclaves en feront de même !

J'en avais trop entendue et la pitié que j'éprouvais pour lui m'empêcha de le frapper. En tant normal je l'aurais surement battu, menacé. Je lui aurais fait comprendre que je maîtrisais la situation. Mais là, je ne fis que claquer la porte et l'enfermer à clé. Je ne savais si les bruits que j'entendais alors en provenance de ma chambre étaient des rires ou des pleurs.

C'était stupide. Logique, surement, mais stupide. J'avais sous-estimé mon jouet et voilà qu'il en avait été malmené. Au fond, Turold avait subi un dressage sévère pour le rendre docile et c'est normal qu'il se retrouve perdu si l'on se met à trop relâcher la bride. C'était idiot de ma part d'avoir négligé le fait qu'il voulait protéger mes intérêts et que nos intérêts respectifs n'étaient pas les mêmes. Un instant, une phrase de sa part me revint. "A moins que vous ne souhaitiez être dominée"... Il m'avait déjà dit cela.. Avant-hier. Dans le lit. Ce... Comment osait-il ?! Bien sûr que non !
C'est juste que... Bon, autant le dire, ce genre de paroles cinglantes ne sont pas les premières à être entendues par mes vieilles oreilles. On m'a souvent dit que j'avais besoin d'amis, parce que sérieusement, ça devenait lourd, cette lubie de gâter les esclaves pour avoir des gens avec qui traîner. Et le pire, c'est que la plupart des gens qui ont crus me cerner à ce point étaient les premiers concernés dans cette histoire. Je suppose que je suis plutôt immature. Ou du moins, que je n'entre pas dans le cadre de cette société. Pas d'honneur, pas d’intérêts... Je deviens étrange. Ou plutôt je deviens préoccupée par le fait d'être étrange. Je suis adossée contre cette porte et Turold ne fait désormais plus de bruits. Je suis un peu inquiète quant à son comportement. Je n'ai vraiment pas envie d'avoir à le tuer. Ni à lui faire du mal. Battre les gens, j'en suis capable. Quant ils habitent ma maison, c'en est cependant désagréable. Je fixe le plafond. Je deviens vraiment trop gentille. C'est moi qu'il faudrait remuer, pas lui !

Il était une époque où trainaient sur le sol les cadavres de mes victimes et où les seuls serviteurs à occuper ma demeure tremblaient d'effroi en me voyant. Il était une époque où je ne devenais pas amie avec les raclures que l'on trouve parfois à bas prix au marché, et que l'on peut épargner en tendant une unique pièce.
Enfin, y'a Sean. Heureusement qu'il est là celui-là !


Mon destin est semblable à ces soldats qui transportent leurs confrères sur leur dos avant de s'arrêter en chemin, se rendant compte qu'ils sont morts durant le voyage, pour les laisser alors tomber au sol. Un instinct les pousse à les traîner jusqu'à leur mort et une fois la chose faite, ils se sentent stupides de s'être accroché à l'idée que ces derniers pouvaient survivre.

La nuit passa. Je m'en allais dormir dans un placard où un cercueil était caché dans un double-fond du mur. Au réveil, j’avais la tête pleine d'idées et le cœur plein d'amertume. Je me dirigeais vers ma chambre, mes cheveux, je le savais, ébouriffés. Mes vêtements froissés, et mon visage surement imprégné des plis du cercueil. Sans vraiment être décidés, mes pas étaient rapides. J'étais stressée par une idée, une chose qui me gênait et qu'il fallait clarifier. Je tournais la clé, ouvrit la porte et me jetais presque dans la chambre. Je trouvais Turold dans le lit, assis, il fixait droit devant lui. Il ne daigna pas me jeter un regard et quand bien même ! Je grimpais sur le lit et m'installait devant lui, le forçant à me regarder. J'attrapais son visage de mes deux mains. Toute la détresse du monde.. Je la sentais traîner dans ma tête.


- Crétin. Jurais-je. Cela fait vingt ans. Vingt ans que je te connais et tu t'imagines sérieusement que je vais te traiter comme le dernier des esclaves ?! J'eus un rictus cynique. Tu es peut-être maso ou quelque chose mais pas moi ! Et tu pourrais rendre grâce que j'ai autant d'égards à ton propos ! Je t'ai sorti de ce cimetière, je t'ai ramené chez moi en souvenir de ces vingt années ! Je t'ai regardé grandir et, d'après ce que je m'en rappelle, ça t'as jamais gêné que je te traite comme je te traite en ce moment ! Tu débloques totalement et tu veux que je te dises pourquoï ? Car tu te retrouves sans maître ! Il n'y a plus personne pour te donner des ordres et ça te fait chier d'avoir à réfléchir par toï-même ! Car effectivement si tu veux une maîtresse, t'en as pas ! La seule personne qui se trouve ici, c'est une nana qui s'inquiète pour ta poire ! Je le fixais droit dans les yeux, me rendant petit à petit compte de ce que je venais de dire. Il n'avait pas bronché. Il m'avait écouté, c'était tout. Tss... Dire qu'il était censé reprendre des forces et voilà qu'il venait de jeuner une journée entière ! J'étais écœurée par la tournure des événements. Quand t'étais bébé, repris-je, je t'ai pris dans mes bras et je t'ai amené dans un lieu où tu as survécu. Si ça veut rien dire pour toï, j'y peux rien. Mais dans ce cas... Je grommelais. Ne crois pas que je vais te laisser enfermé pour obéir à ton caprice ! Ta santé est en jeu et si je dois te traîner en laisse, je le ferais.

J'avais dû dire la pire connerie du monde car il se leva alors, aussi énervé que je l'étais. Je pouvais le voir désormais à ses gestes saccadés. Il s'approcha de la chaise de bureau et attrapa la ceinture qui y siégeait. Il me la tendis sèchement.

- Me trainer en laisse, hein ?
Je pris la ceinture.
- Tu ne m'en crois pas capable ? Qu'est-ce qu'il m'agaçait alors ! Qu'est-ce que j'avais envie de le maltraiter, de le tuer ! De planter mes ongles dans la délicate peau de sa gorge. Turold Darkest, l'esclave que j'allais voir pour taper la discute. Imbécile. Je laissais tomber la ceinture à terre et ouvrit la penderie, mes gestes aussi brutaux qu'étaient les siens. J'y cherchais un véritable collier au sol de cette dernière, parcourant les modèles, évitant ceux à clous tournés vers l'intérieur, attrapant un collier étrangleur. Je tirais une laisse cachée parmi mes robes et retournais vers l'humain.

...Mais à quoï bon décrire la suite ? A quoï bon montrer un monstre quand on peut se contenter de l'ignorer ? Turold m'avait cherchée, eh bien je dois avouer qu'il m'avait trouvée. Ce n'avait été agréable ni pour lui, ni pour moi et j'avais bien haït cette nuit qui me forçait à m'établir sous mon pire aspect. Voilà la vérité : Je suis une créature dépourvue d'âme. Mais je n'aime pas qu'on me force la main et c'est ce que ce gars avait fait. Je n'avais d'autre choix que de lui montrer que je pouvais...

D'un coup de pied, je le poussais au sol.

- Ah, pardon ? Tu comptais marcher sur tes deux pattes ? Les bons chiens, ça traîne les genoux sur le sol jusqu'à ce qu'ils pissent le sang !

Ah pardon, tu comptais garder tes vêtements ? Ne croit pas qu'on en paye aux mauvais esclaves. Tu voulais sortir en ballade, te voilà servi ! Frapper Turold n'était pas agréable mais je me sentais de moins en moins peinée à chaque coup qu'il se prenait. Un peu comme une lame qu'on enfoncerait sans cesse dans la peau. Au bout d'un moment, l'itinéraire est dégagé. Je me voyais malgré tout bien trop incertaine et je finis par céder, l'attachant à une barrière et rentrant seule chez moi.
Sean m'y attendait. Je me servais de sa présence pour me donner le courage d'appeler Rebecca. Sean me demanda.


- Tu crois sérieusement qu'elle va venir ? Elle te déteste !
- Tu sous-estimes la curiosité féminine.


Rebecca vint à l'endroit que je lui avait indiqué et elle récupéra celui qui était auparavant son esclave. Je m'étais cachée pas loin et j'entendais alors que le trajet même allait être pénible pour lui. Je rentrais. Attendais nerveusement une nuit supplémentaire, puis allais dans l'Heart. L'appartement des Darkest, je le connaissais bien. Je me doutais qu'elle l'avait ramenée à la cave où il avait passé une partie de sa vie, je me doutais qu'il y avait cinquante pour cent de chance uniquement qu'elle l'ait laissé en vie. J'avais misé sur sa cruauté et j'avais bien misé. Elle m'attendait dans cette cave, savait que j'allais venir. Mais je la mis K.O. trop rapidement et récupérais cet esclave prostré dans un coin. A cet instant il s'était tant passé que les pupilles dilatées de Turold ne reflétaient plus rien. Alors, après l'avoir amené dans un lieu où elle n'allait plus le retrouver, je le laissais en plan. Il y avait, peu loin, un groupe d'esclaves fugitifs dont j'avais entendue parler et qui se montreraient certainement plus accueillant que les Rebelles. Je laissais Turold une semaine entière en leur compagnie, l'observant parfois de loin, passer en trombe, poursuivi par la Milice. Au bout d'une semaine je vendis aux supérieurs de Raito la bande en question et il se trouva qu'ils ne furent pas aussi cléments que l'étaient mon frère. Pour les nombreux meurtres dont je les faisais responsables, suite aux nombreuses preuves qu'ils y trouvèrent, ils décidèrent de les exécuter. J'occupais ainsi mon temps, prenant sans cesse des nouvelles du garçon aux yeux noir, que cela soit par un intermédiaire ou de moi-même, ne m'en approchant cependant jamais assez pour qu'il me remarque. Son comportement changeait malgré tout et je sentais bien qu'il avait l'impression que j'étais dans le coin. Enfin, ce n'est pas comme s'il avait la tête à ça !
Lorsqu'arriva enfin le tour de Turold, c'était par une froide matinée de fin d'hiver. L'heure et la date ne m'arrangeaient fortement pas et je dus me déplacer encapuchonnée, ma peau me lacérant de par la présence du soleil. La tête me tournait et j'avais bien l'impression d'être perdue en pleine fournaise. Ce n'était cependant pas la première fois que je sortais sous le soleil et celui d'hiver se montra assez clément pour que je ne tourne pas de l'oeil. J'attendis que la corde lui fus passée au cou, je patientais jusqu'à ce que le tabouret soit retiré de ses pieds et fis casser la corde. Turold tomba au sol, je ne laissais à personne le temps de réagir et l'embarquait jusqu'à une cave proche du lieu.
La journée passa tant qu'elle le pouvait. J'avais brulée mes mains en attrapant le garçon mais celui-ci ne le remarqua pas. J'avais été assez souvent brulée pour savoir me taire lorsque la douleur était là. Turold était fatigué. Il avait bien perdu de son insolence et n'osait bouger de mes bras. Mais voilà, le jeu ne s'arrêtait pas ici car je savais qu'il allait recommencer dès qu'il se sentirait en sécurité. Il pleurait ses amis morts et faisait le deuil de ce nouveau sens qu'il avait donné à sa vie. Je profitais de sa faiblesse pour coucher avec lui mais m'arrêtait en plein milieu. Nous en fûmes tout deux déçus, je dois dire, car nos rapports à ce niveau avaient toujours étés quelque chose nous laissant un bon souvenir. Je quittais la cave, l'y laissait enfermé mais y faisait venir des gens que je savais apte à profiter d'un faible esclave.
J'écoutais, adossée contre le mur, les gémissements du garçon et cela m'énervait d'autant plus. La semaine était pénible car je n'avais aucune haine qui me poussait à agir ainsi. Cela me faisait mal à moi-aussi et je ne souhaitais pas jouer ainsi. Je regrettais nos rapports simples, de ceux que nous avions quand il n'était pas mon esclave. Je ne le punissais pas car il avait fauté. Il n'avait fait que protéger mes intérêts et cela rendait dès le départ le jeu dépourvu de sens. J'étais de mauvaise humeur et m'emportais facilement. Sean faillit en faire les frais mais il me remit vite à ma place et je m'excusais. J'en voulus ensuite au fantôme de m'avoir parlé ainsi mais cela ne dura pas longtemps.
Je retournais chercher Turold et le jeta dans un libre-service du marché. Enchaîné, il était utilisé pour satisfaire les acheteurs, leur changer les idées. Il manqua alors de mourir plusieurs fois, mais tint bon. Je n'avais jamais doutée de sa ténacité mais en fut tout de même surprise. Quelques jours passèrent encore et quand je fus sûre qu'il n'en réchapperait plus longtemps, je le ramenais à la maison. Le plus dur restait à faire et cela me fatiguait. Je cherchais une issue, bloquée dans un conflit qu'il avait instauré. Il avait demandé à être traité ainsi ? Bien ! Mais si cela ne me plaisait pas, à moi ? C'était facile d'écouter ses supplications et d'y céder. De lui dire 'oui, tout redevient comme avant'. Mais je ne pensais pas supporter une telle scène une nouvelle fois et le tuer était hors de propos. Quelque part, c'était ma façon de le dresser lui. Alors je lui fis les pires misères possibles. Jamais sans liens aux mains et aux pieds, il se prenait des coups à tout va et fus bientôt couvert de cicatrices. Je n'arrivais plus à le regarder dans les yeux et cela faisait longtemps qu'il ne soutenait plus mon regard.


- Un nom ? Comment ça un nom ? Un esclave n'a pas de nom !


Il commença à se rendre compte de sa maladresse. Il commença à comprendre que le ménage qu'il faisait était mal fait et cela le paniquait car il n'arrivait pas à faire mieux. Venait la punition, inévitable, et je le voyais bien plus faible de jours en jours. Pour pallier à cette ambiance malade, je sortais fréquemment de chez moi, le laissant seul à la maison, enchaîné quelque part. Je faisais un tour en ville, multipliait les amants. J'évitais ma famille qui risquait de se prendre les éclats de ma mauvaise humeur. Je buvais beaucoup, pour me changer les idées et j'eus quelques mauvaises expériences. Je n'avais plus envie de rentrer chez moi et découchais de plus en plus. Enfin, la situation devint urgente. D'un côté car Turold allait mourir, d'un autre car ma maison était depuis trop longtemps inhabitable.

Le soir même, il se retrouva donc attaché solidement au sol et je m'occupais de faire ce que je faisais lorsque la faim me taraudait trop mais aussi l'envie de sexe. Du sang coula des nombreuses plaies que mes ongles lui faisaient et il palissait rapidement. Heureusement l'office finit rapidement et je me retirais, le laissant s'éclabousser de sa propre souillure.


- Dernier jeu avant la mort. Gémis, pleurniche, et j'enfonce un clou dans tes bras à chaque fois que je t'entends. Quand tu me lasseras, je les retirerais tous d'un coup et tu mourras de l'hémorragie.

Deux heures plus tard, j'enfonçais dans sa peau une seringue contenant un liquide médicamenteux. Volée au Cinq Flèches, elle était de celles que l'on donne aux Expériences en guise de nourriture et de fortifiant.
Premier clou enfoncé. Il hurla.

Un quart d'heure plus tard, il en pleura. Je lui brisais le tibias. Nouveau cri, second clou.
Une mise à mort.

Si j'avais voulue être méchante, j'aurais enfoncée les clous dans l'os, mais je me contentais de les planter dans la chair. Mon regard était froid mais j'étais moi-aussi troublée. Il lutta tant et si bien qu'il s'évanouit.
Lorsqu'il revint à lui, il était allongé dans le lit de ma chambre. Un bandage recouvrait son bras blessé. J'avais arrêtée l'hémorragie mais ne m'étais pas occupée du tibia brisé. J'étais assise en face de lui et le regardais droit dans les yeux pour la première fois depuis une éternité.


- Bien, Turold. Je vais te laisser une dernière chance- une chance d'effacer tout ce qui vient de se passer. De revenir à cette soirée où j'ai fait venir le médecin. Je levais mon index en l'air, lui signifiant de la boucler pour le moment. Ses lèvres s'étaient entrouvertes, et c'était trop tôt pour qu'il puisse parler. Ne discute pas, dis juste oui ou non. Autrement je te tuerais, là, tout de suite. Choisis bien car il n'y aura pas de retours possibles. Sa jambe lui faisais terriblement mal et je sentais de là où j'étais qu'il était fiévreux. Mais cela ne m'émouvais plus vraiment. Ce qui comptais, c'était sa réponse. S'il voulait continuer sur cette piste, il n'aurait de toute manière plus mal longtemps. Mais quel imbécile voudrait continuer un chemin qui le torture et le tue ? Il baissa la tête, tremblait. Ce n'était pas l'émotion, tout simplement que je lui faisais peur.

- O..Oui. Bégaya-t-il. Je veux revenir en... Le reste s'étrangla dans sa gorge. Cela faisait longtemps que je ne l'avais plus autorisé à parler.
Sachant que je me sentais prête à pleurer, comme une cruche, je me levais du lit et quittais la pièce, le laissant seul. J'avais perdue mon temps, mais enfin, deux semaines pour qu'il comprenne bien que ce n'est pas à lui de décider de ma façon de traiter les esclaves, ce n'était pas cher payé !

Je suis fière de dire que la situation est retournée à la normale. Turold a été profondément traumatisé par ce qui s'était passé mais enfin ! Ce n'était pas pire que le centre de dressage. Peut-être tout aussi humiliant, tout au plus... Il réussi donc à reprendre une attitude convenable et au bout d'une troisième semaine, j'eus même droit à un sourire ! Nous redevînmes proches, d'une certaine manière, et il n'essaya plus de me faire la leçon. Je l'accompagnais au marché, veillant à ce qu'il choisisse judicieusement sa nourriture. Cela fut un franc succès, il avait un réel talent pour la cuisine. Même si cela ne fut utile qu'à lui. Je n'avais pas de pièce dédiée à la nourriture. Les aliments étaient donc stockés dans un mini-frigo, présent dans le salon, et cuits dans la cheminée. Il passait parfois des heures devant la cheminée, à couper tel légume, à faire cuir telle viande et ça l'occupait plutôt bien. J'appris qu'il avait quelques soucis quant à la lecture et l'écriture aussi Sean dû remédier à cela. Ils devinrent amis mais je regrettais que mon arrivée les gêne dans leur conversation. Enfin, chacun de leur côté, j'arrivais à passer de bons moments avec eux. La maison reprit donc une ambiance plaisante si ce n'est les cris désespérés de Near de temps à autre, en provenance du grenier, qui jetaient un certain froid.

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Falling down in.. ♥ /OS [X]

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